Arsène Léopold FONTAINE
Pôle mémoire Agen
  • Informations
    • Nom : FONTAINE
    • Prénom(s) : Arsène Léopold
  • Etat civil
    • Date de naissance : 11/02/1921
    • Ville de naissance : Bordeaux 
    • Département de naissance : Gironde
    • Pays de naissance : France
    • Profession avant guerre :
      - typographe
    • Date de décès : 18/10/2006
    • Lieu de décès : Agen (Lot-et-Garonne)
  • Arrestation et condamnation
    • Motif(s) de condamnation :
      - Détention d'explosifs
  • Eysses
    • Numéro d'écrou à Eysses : 162
    • Motif de la levée d'écrou : Evadé
    • Date de la levée d'écrou : 03/01/1944

Arsène Léopold FONTAINE

Par : Fabrice Bourrée

De parents belges, Arsène Fontaine est né le 11 février 1921 à Bordeaux. A l’âge de 17 ans, il opte pour la nationalité française avec l’accord de ses parents. Il commence sa vie professionnelle presque en même temps que sa vie militante : après le certificat d'études, il cherche à faire l'apprentissage d'un métier. Il rentre à l'imprimerie moderne à Agen, le 2 mai 1934, comme apprenti typographe. Chez les typographes et les "travailleurs du livre" il y avait un fort taux de syndicalisation, c'est donc tout naturellement qu'Arsène Fontaine prend la carte CGT, tout en conservant les sympathies anarchistes qu'il a acquises très tôt. Il prend part aux grèves de 1936.

Le 7 juillet 1941, il est convoqué aux chantiers de jeunesse à Argelès-Gazost (Hautes-Pyrénées). Au cours de ses permissions, sous l'influence d’André Lescorat, un syndicaliste du livre, également employé à l’Imprimerie moderne, qui appartient à la Résistance, il fait de la propagande orale auprès de ses camarades. En juillet 1941, il lui demande de lui fournir des tracts qu'il distribue au chantier, avec des photos de De Gaulle pour illustration. Il est arrêté, et on lui fait subir des brimades, comme celle qui consistera à lui mettre "la boule à zéro". Il organise un peu plus tard, une " démonstration " d'opposition à l'intérieur du camp en utilisant la fanfare dont il fait partie.
Sorti des chantiers de jeunesse le 22 février 1942, il revient à Agen et reprend son travail à l'Imprimerie Moderne. Il reprend contact avec Lescorat qui le charge de la distribution de tracts et journaux pour le mouvement Combat. Il profite de son emploi pour détourner des cartes d’identité fabriquées à l’Imprimerie moderne et les remettre à Lescorat.

Arsène Fontaine intègre ensuite une équipe de sabotage. Avec Roland Goudin, chauffeur dans une blanchisserie à Agen, il est chargé, le 22 octobre 1942, de poser des explosifs qui chez un grossiste en primeurs travaillant pour les Allemands. L’explosion causa quelques dégâts matériels aux vitres et à la devanture.

Dénoncés par un camarade arrêté à Marseille, Fontaine et Goudin rejoignent Toulouse où ils sont pris en charge par un mhttps://maitron.fr/spip.php?article206837embre de l’organisation fin octobre 1942. Ils avaient été avertis de la menace d'arrestation par la secrétaire du commissaire de police d'Agen, Simone Delmas, qui était membre de Combat. Munis de faux-papiers, les deux hommes gagnent Lourdes. Ils y sont finalement arrêtés le 31 octobre 1942. Déférés devant la section spéciale de la cour d’appel d’Agen, ils sont condamnés le 4 février 1943 à cinq ans de travaux forcés pour "détention d’explosifs et tentative de destruction d’un magasin par explosion" et incarcérés à la prison d'Agen. Ils sont ensuite transférés à la centrale d'Eysses au quartier cellulaire le 27 mars 1943 (écrou n°162 pour Arsène Fontaine). En octobre 1943, la prison est vidée de ses droits communs et devient un centre de détention rassemblant des prisonniers politiques. Le 3 janvier 1944, ils réussissent à s'évader, en compagnie de 52 autres détenus du quartier cellulaire.

Grâce au réseau anglais Hilaire-Buckmaster, Arsène Fontaine franchit la frontière espagnole le 15 février 1944, rejoint Barcelone puis Madrid et enfin Gibraltar. Arrivé en Angleterre par avion, il reste à Patriotic School du 9 mars au 4 avril 1944. Il s'engage alors dans les Forces navales françaises libres et participe aux opérations autour des ports de Saint-Nazaire et La Pallice sur le chasseur de sous-marins « La Surprise ».

Démobilisé le 10 novembre 1945, Arsène Fontaine reprend quelques temps son métier de linotypiste puis s'oriente vers le syndicalisme en devenant un des dirigeants de l'Union départementale CGT. Il décède le 18 octobre 2006 à Agen.

Sources

  • Service historique de la Défense - DAVCC Caen : AC 21P 607 128
  • Service historique de la Défense - Vincennes : GR 28 P 2 395, GR 16 P 227504, GR 28 P 4 381 77
  • Archives départementales du Lot-et-Garonne : 940W113

Bibliographie

Pierre Robin, « Arsène Fontaine » in cédérom La Résistance dans le Lot-et-Garonne, AERI
Paul Chauvet. La Résistance chez les fils de Gutenberg dans la Deuxième Guerre mondiale. Paris : à compte d’auteur, 1979, p. 195