Georges BLOCH
Service historique de la Défense, Vincennes
  • Informations
    • Nom : BLOCH
    • Prénom(s) : Georges
  • Etat civil
    • Date de naissance : 21/06/1919
    • Ville de naissance : Fribourg
    • Pays de naissance : Allemagne
    • Profession avant guerre :
      - commerçant
  • Résistance
    • Organisation(s) de résistance :
      - Armée secrète
      - Maquis de Saint-Alvère (Dordogne)
      - Maquis des sangliers (Dordogne)
    • Date d'engagement : 15/7/1943
    • Département(s) de résistance : Dordogne
  • Arrestation et condamnation
    • Date d'arrestation : 3/11/1943
    • Lieu d'arrestation : Saint-Vincent-de-Connezac
    • Département d'arrestation : Dordogne
    • Juridiction de condamnation : Section spéciale - Limoges
    • Date de condamnation : 07/02/1944
    • Motif(s) de condamnation :
      - Infraction à la loi du 5 juin 1943 réprimant les activités communistes anarchistes terroristes ou subversives
      - détention d'armes
    • Peine infligée : Réclusion
    • Durée de la peine : 5 ans
    • Parcours carcéral :
      - Périgueux
      - Limoges
      - Eysses
      - Compiègne
  • Eysses
    • Date d'arrivée à Eysses : 09/02/1944
    • Numéro d'écrou à Eysses : 737
    • Préau ou autre affectation :
      - Préau 1
    • Groupe de combat : Bloch Georges
    • Motif de la levée d'écrou : Remis aux autorités allemandes
    • Date de la levée d'écrou : 30/05/1944
    • Durée de détention : 0 an(s), 3 mois, 21 jour(s)
  • Déportation
    • Déporté
    • Lieu de départ : Compiègne
    • Date de départ : 18/06/1944
    • Parcours concentrationnaire :
      - Dachau
    • Matricule : 73109
    • Situation en 1945 : Libéré
    • Date : 29/04/1945
    • Lieu : Dachau
  • Reconnaissance
    • Statut : Déporté résistant
    • Médaille de la Résistance
    • Date du décret MRF : 25/04/1946

Georges BLOCH

Par : Jean-Paul Bedoin

Né le 21 juin 1919 à Freiburg (Allemagne), fils de Léopold et de Jeanne Daniel, alsacienne de nationalité française, Georges Bloch vient en 1933 à Strasbourg rejoindre la famille de sa mère. Après plusieurs demandes de naturalisation restées sans résultat, il contracte, le 20 novembre 1939, un engagement volontaire dans la Légion étrangère et est incorporé au 2e Régiment Étranger d'Infanterie à Sidi-Bel-Abbès à compter du 16 janvier 1940. Démobilisé le 24 octobre 1940, il rejoint ses parents réfugiés à Périgueux où, de décembre 1940 à août 1942, il exerce la profession de comptable aux Ets Textor.

Georges,  « pour avoir favorisé le camouflage de Juifs destinés à l’Allemagne », est arrêté sur dénonciation, interné à Rivesaltes, le 22 octobre 1942 et « condamné le 2 décembre suivant à 2 500 francs d’amende par le tribunal de Périgueux ». A la dissolution du camp de Rivesaltes, il est incorporé à la 881e Compagnie de travailleurs étrangers de Neuvic d’Ussel (Corrèze). Bénéficiant d’une permission en juin 1943, il ne rejoint pas sa compagnie.

Dès lors, sous la fausse identité de Georges Bardon (fournie par un dénommé Marcel rencontré à Limoges), il travaille dans diverses fermes de Haute-Vienne. Puis, de retour à Périgueux, il se rend au Centre de Formation Professionnel ORT, 17 rue Béranger. Sa  famille, refusant d’apposer la mention "juif' sur ses papiers d'identité, y a trouvé refuge. Son  père y occupe l'emploi de concierge et son frère, Jules, y poursuit ses études.

Convoqué pour la visite médicale préalable au STO, il décide, à la mi-juillet 1943, de quitter l’école ORT avec Jules, pour rejoindre, le maquis. « Leur contact, donné par Bramson, écrit Sylvain Le Bail, s'appelle le "Père Noël", un nom de code avec qui ils doivent établir le lien à une heure précise, dans une cabine téléphonique. La voix du "Père Noël" leur indique le moyen de rencontrer un certain M. Larrue, à Sainte?Alvère ». Ce dernier, instituteur à la retraite, leur indique l'emplacement, sur la commune de Cendrieux, du camp de Durestal, du maquis de l’Armée Secrète que Marc Goldman, dit "Mireille", vient de constituer et dont il est, avec son frère, l’un des premiers membres. Tous deux font office de secrétaire au PC de ce groupe, dit des Sangliers, qui, au plus fort, compte 120 hommes environ.

Georges, en tant qu’adjoint au chef de groupe, participe aux différentes opérations menées contre l’occupant et les collaborateurs, notamment au coup de main sur le camp du chantier de la jeunesse de Barbaste, en Lot?et?Garonne (récupération de matériel), à l’enlèvement, à Vergt, le 10 octobre 1943, de J. F..., personnage à la personnalité complexe, ami de Joseph Darnand,...).

Le 20 octobre 1943, une forte colonne motorisée, composée de forces à la solde du régime collaborateur (escadrons de la Garde et GMR), après avoir attaqué, sur dénonciation, l’école des cadres de l’AS sise non loin du camp, entreprend d’encercler « Durestal » où les principaux responsables de l’AS sont à table. Pendant que Pierre Larrue les exfiltre, Jacques Bramson, dit "Jézéquiel", chef du groupe des Sangliers, se porte au-devant du capitaine des GMR avec lequel il parlemente. Ce dernier qui a déjà arrêté vingt réfractaires, saisi des armes et des documents, faute d'effet de surprise, préfère en rester là, et se replie, remettant à plus tard une bataille dont l'issue est incertaine.

Décision est prise de disperser le maquis et de chercher de nouveaux points de chute. Une partie importante du groupe s’installe aux environs de Saint-Vincent-de-Connezac, au lieu-dit « Le Maine-du-Puy ». Le 3 novembre 1943, une vaste opération de ratissage est organisée avec le 6e escadron de la Garde et le GMR du Périgord, guidé par « un nommé B..., G.M.R. à Périgueux ».

Georges Bloch, avec ses camarades Alain du Périer de Larsan, Louis Delhorbe et Pierre Bourland, tentent de négocier le départ des GMR, comme précédemment à Sainte?Alvère. Ils sont arrêtés et, face à un ennemi nettement supérieur en nombre et armements, les résistants abdiquent, le combat étant trop inégal.

Arrêté, avec ses camarades du Maine-du-Puy, Georges est incarcéré à Périgueux du 3 novembre 1943 au 2 février 1944, puis transféré à Limoges le 3 pour être jugé par la section spéciale du tribunal de Limoges, le 7 février 1944 et condamné à 5 ans de de travaux forcés et 5 ans de réclusion.

Le 9 février, il est incarcéré à la Centrale d’Eysses (matricule n°737) où, membre  de l’organisation militaire clandestine des patriotes emprisonnés, il prend part à la tentative d’évasion collective et à l’insurrection armée du 19 février. Le 30 mai 1944, Georges fait partie des quelque 1200 détenus politiques livrés par Vichy aux autorités allemandes, en l’occurrence les SS de la division Das Reich qui les conduisent avec une extrême brutalité, jusqu’à la gare de Penne d’Agenais d’où ils sont transférés à Compiègne, antichambre des camps nazis. Il y demeure jusqu’au 18 juin 1944, date à laquelle il est  déporté par le transport n°382 du 18 juin 1944, le transport le plus important, par le nombre de déportés au départ de Compiègne, à prendre directement la destination du KL Dachau. Il y porte le matricule n°73109, jusqu’à sa libération le 29 avril 1945 par les troupes américaines. Il est rentré le 20 mai 1945 via le centre de rapatriement de Paris-Lutetia.

Homologué sergent FFI, titulaire de la carte de déporté résistant, de la Médaille de la Résistance (décret du 24 avril 1946), cité à l’ordre de la Division avec attribution de la Croix de guerre avec étoile d’argent pour faits de résistance (décision n°235 du 22 mai 1946), Georges Albert Bloch est naturalisé français (décret du 24 juillet 1947). Son nom est inscrit sur le Mur des Noms de Compiègne.

Sources

  • Archives départementales de Dordogne : 2114 W 7B
  • Service historique de la Défense - Vincennes :
  • Service historique de la Défense - Vincennes : 16P 64889
  • Service historique de la Défense - DAVCC Caen : AC 21 P 711187
  • Archives départementales du Lot-et-Garonne : 940W118

Bibliographie

B. Reviriego, "Les Juifs en Dordogne, 1939-1944, de l'accueil à la persécution", Fanlac, 2003, pp. 55, 294-295
S. Le Bail, "Mojzesz Goldman dit « Mireille » - premier chef départemental du maquis A.S. Dordogne 1943", Editions Le Chêne Vert, 2001, p. 149 et sq.
ANACR. Dordogne, J.P. Bedoin (dir.), "Chemins de la mémoire, le maquis de Durestal", Périgueux, 2013, pp. 16, 86-87