Alain du Périer de Larsan est né le 19 janvier 1922 à Saint-Pierre-du-Fresnes (Calvados). Fils de Mathilde Kéroman et Tristan du Périer de Larsan, propriétaire terrien et consul de France en Grèce, démissionnaire lors de la mise en place du gouvernent de Vichy, Alain du Périer de Larsan est étudiant à l’institut agronomique de Fribourg (Suisse) de 1940 à 1942.
En 1942, devenu membre des Compagnons de France, il affecté aux chantiers de jeunesse d’Houillès (Lot-et-Garonne). En juin 1943, l’occupant rafle la main-d’œuvre dans les chantiers de jeunesse dans le cadre du STO. Alain et l’un de ses compagnons, Claude Delahaye, embarquent dans le train qui doit les conduire en Allemagne mais s’en évadent et regagnent le Périgord.
Vers la fin du moins de juillet, tous deux transitent par l’hôtel du Périgord à Lalinde (Dordogne), « porte d’entrée » du maquis de l’Armée secrète (AS) de Durestal (Saint-Alvère, Dordogne) qu’ils intègrent. Alain du Périer de Larsan prend la fausse identité d’Alain Parigny.
Le 3 novembre 1943, lors d’un affrontement avec des GMR au Maine-du-Puy, commune de Saint-Vincent-de-Connezac (Dordogne), Alain, Claude et une trentaine de maquisards sont arrêtés. Incarcéré à la prison de Périgueux (Dordogne), Alain du Périer de Larsan est transféré à celle de Limoges le 1er février 1943. Condamné le 7 février 1944 par la section spéciale de la cour d’appel de Limoges à 5 ans de travaux forcés et 6 mois de prison, il est incarcéré à la centrale d’Eysses à Villeneuve-sur-Lot (Lot-et-Garone) le 11 février 1944.
Le 30 mai, plus de 1 200 résistants détenus à Eysses sont livrés à la division SS Das Reich puis dirigés de la gare de Penne-d’Agenais au camp de Royallieu à Compiègne. Comme la plupart des « Eyssois », Alain du Périer de Larsan est déporté le 18 juin dans un convoi de plus de 2 100 hommes à destination de Dachau où il arrive deux jours plus tard (mle 73 398). Le 18 juillet 1944, il est affecté au Kommando d’Allach situé à quelques kilomètres du camp central. C’est à Allach qu’il est libéré le 30 avril 1945 par l’armée américaine ; il doit cependant attendre le 27 mai 1945 pour être rapatrié en France. Marc, son frère aîné, résistant au sein de l’ORA, déporté au camp de Dora n’en est jamais revenu.
Son expérience de la clandestinité, de l'internement et de la déportation font de lui un ardent défenseur de causes humanitaires et libératrices notamment au sein d’Amnesty International et à la LICRA. Maire de Saint-Pierre-du-Fresne de 1977 à 2001, Alain du Périer de Larsan décède le 23 juin 2004 à Vire (Calvados).