Joseph AMIR
MRN Champigny-sur-Marne, fonds Eysses
  • Informations
    • Nom : AMIR
    • Prénom(s) : Joseph
  • Etat civil
    • Date de naissance : 15/05/1917
    • Ville de naissance : Marseille
    • Département de naissance : Bouches-du-Rhône
    • Pays de naissance : France
    • Profession avant guerre :
      - ajusteur
    • Date de décès : 20/10/1962
    • Lieu de décès : Annecy (Haute-Savoie)
  • Résistance
    • Organisation(s) de résistance :
      - FTP
    • Pseudonyme : Victor
    • Date d'engagement : 1/4/1941
    • Département(s) de résistance : Bouches-du-Rhône
  • Arrestation et condamnation
    • Date d'arrestation : 8/12/1942
    • Lieu d'arrestation : Marignane
    • Département d'arrestation : Bouches-du-Rhône
    • Juridiction de condamnation : Section spéciale - Aix-en-Provence
    • Date de condamnation : 22/07/1943
    • Motif(s) de condamnation :
      - Activité communiste
    • Peine infligée : Prison
    • Durée de la peine : 2 ans
    • Parcours carcéral :
      - Marseille (Chave)
      - Aix-en-Provence
      - Eysses
      - Compiègne
  • Eysses
    • Date d'arrivée à Eysses : 15/10/1943
    • Numéro d'écrou à Eysses : 2298
    • Préau ou autre affectation :
      - Préau 1
    • Compagnie de combat : 1ère Cie Heyriès
    • Motif de la levée d'écrou : Remis aux autorités allemandes
    • Date de la levée d'écrou : 30/05/1944
    • Durée de détention : 0 an(s), 7 mois, 15 jour(s)
  • Déportation
    • Déporté
    • Lieu de départ : Compiègne
    • Date de départ : 18/06/1944
    • Parcours concentrationnaire :
      - Dachau
      - Kempten (Kdo Dachau)
    • Matricule : 73012
    • Situation en 1945 : Evadé
    • Date : 27/04/1945
    • Lieu : Pfronten
    • Date de rapatriement : 08/05/1945
  • Reconnaissance
    • Statut : Déporté résistant

Joseph AMIR

Par : Magali et Jean-Yves Amir

Joseph Eugène Amir est né le 15 mai 1917 à Marseille (13). Sa mère Augustine Appy est culottière et son père Julien Amir est employé. Il commence à travailler en 1935 à la SNCASE (Société Nationale de Construction Aéronautique du Sud-Est), à Marignane, où il est ajusteur-fraiseur, ajusteur-outilleur puis mécanicien-ajusteur. La même année, il adhère à la CGT, sur les conseils de son père. A vingt ans, en juin 1937, Joseph épouse Paulette Rieu ; leur fille Suzanne naît en septembre de la même année.

En 1937-38 il est engagé volontaire sur la Base Aérienne 103 de Châteauroux (matricule 1R1876) en tant que mécanicien de l’aviation puis est mobilisé en 1939 sur la Base Aérienne 105 de Marignane. Démobilisé le 25 juillet 1940, il réintègre la SNCASE.

Joseph adhère au PCF en août 1941 – parti clandestin depuis sa dissolution en septembre 1939 - et s’engage dans la Résistance au sein des FTPF de la SNCASE. Son pseudonyme est Victor. Dans un questionnaire daté de 1958, il résume ainsi son activité militante durant cette période : « Responsable du comité populaire organisateur de la grève contre la relève du 26 octobre 1942 – Diffusion de journaux et de tracts reproduisant les appels à la lutte contre l’occupant – Activités de liaison lors des événements de Toulon en novembre 1942. »

Suite à l’arrestation de Maurice Tribes le 4 décembre 1942 puis de Paul Courtieu le 7, Joseph est arrêté à Marignane le 8 décembre 1942 avec un groupe de 27 résistants communistes, dont Joseph Dani, Michel Lavezzi, Paul et Barthélémy Bolcioni, Elie Guérin, Jean Garnotel, Pascal Fieschi, Gustave Coulomb, Fleury Confetti, Roger Bacci et Elie Gaudibert. Il est alors incarcéré à la prison Chave de Marseille jusqu’en juin 1943. Les membres du groupe sont jugés en juillet 1943 par la section spéciale près de Cour d’appel d’Aix, Joseph est condamné à deux ans de prison et 1200 francs d’amende pour « reconstitution du parti communiste et des organismes qui s’y rattachent et détention de tracts ». Il est transféré à la maison d’arrêt d’Aix en Provence de juin à octobre 1943 puis à la Centrale d’Eysses d’octobre 1943 à mai 1944 (numéro d’écrou 2298).

À Eysses, Joseph est « responsable études » du préau 1 et participe à l’insurrection du 19 février 1944. Cet engrenage carcéral aboutit à sa déportation à Dachau en juin 1944, comme 1200 autres prisonniers d’Eysses. Du train il jette deux boulettes de papier retrouvée vers Soisson. Sur l'une d'elle, il adresse ce message à sa femme Paulette : « Je pars de Compiègne le 18-6-44 pour l’Allemagne avec tous mes camarades d’Eysses. Moral bon. Santé de fer. Ma pensée va vers vous que j’aime. Mme Amir 304 rue de la Capelette Marseille » [voir album ci-dessous].

Jusqu’au printemps 1945, Joseph est incarcéré au Kommando de Kottern (matricule 73012) et probablement contraint de travailler pour l’usine Messerschmitt de par sa spécialisation professionnelle. Le 27 avril 1945, à Pfronten, il participe à l’évasion collective du camp par dispersion des prisonniers. Il raconte cet épisode dans une lettre datée de 1957. Il est rapatrié le 08 mai 1945.

A son retour de camp, il reprend le travail à la SNCASE. Il se sépare de sa femme dont il divorce en 1951. Il change alors de région pour aller travailler dans la Loire, aux Forges Deville à Grand-croix puis aux Aciéries du Nord à L’Horme. Il y est délégué du personnel, membre actif du Comité d’Entreprise, secrétaire de cellule, membre du bureau CGT métaux. Il a une fille, Joseline Berton, qui nait en 1954. En 1956, il travaille au PCF à Romans (26). En juin 1957, il se marie avec Yvonne Bourgon ; deux enfants naissent de cette union, Jean-Yves en février 1958 et Magali en novembre 1960. En 1958, il est ajusteur-outilleur chez Wirth et Gruffat, à Annecy (74). Après avoir organisé une grève dans l’usine, il est licencié et ne retrouve plus de travail dans sa spécialité dans la région. Il devient alors représentant. Il milite activement pour le Mouvement de la Paix, qui « s’est renforcé sous son impulsion ».

Dès la fin des années 1950, l’état de santé de Joseph se dégrade. Il en fait mention à plusieurs reprises dans ses courriers sans que sa maladie soit identifiée. Il meurt d’un cancer de l’œsophage le 20 octobre 1962 à Annecy (74), à l’âge de 45 ans.

Parmi les nombreux documents et questionnaires qu’il a dû remplir pour justifier son parcours de déporté résistant on trouve ce commentaire : « Dossier de réforme envoyé à Grenoble en avril 1958 avec plusieurs années de retard car si je n’ai fait aucune formalité avant c’est que je pense que l’on ne mesure pas ce que l’on donne pour l’indépendance de son pays. Je m’excuse de ce commentaire mais c’est pour expliquer ce retard, malgré un handicap physique qui se précise chaque jour. »

Sources

  • Service historique de la Défense - Vincennes : GR 16P 11420
  • Service historique de la Défense - DAVCC Caen : AC 21P 553002 et AC 21P 625378
  • Archives départementales du Lot-et-Garonne : 940 W 114
  • Association nationale pour la mémoire des résistants emprisonnés à Eysses : dossier Joseph Amir
  • Musée de la Résistance nationale, Champigny-sur-Marne : fonds Eysses
  • Archives privées :

Album photos

Joseph Amir en 1945
Billet jeté du train
Billet jeté du train