Louis BROUILLET
Arch. dép. Dordogne 2114W7
  • Informations
    • Nom : BROUILLET
    • Prénom(s) : Louis
  • Etat civil
    • Date de naissance : 27/05/1922
    • Ville de naissance : Nontron
    • Département de naissance : Dordogne 
    • Pays de naissance : France
    • Profession avant guerre :
      - imprimeur
    • Date de décès : 14/04/1945
    • Lieu de décès : Allach (Allemagne)
  • Résistance
    • Organisation(s) de résistance :
      - Armée secrète
      - Maquis de Saint-Alvère (Dordogne)
      - Maquis des sangliers (Dordogne)
    • Date d'engagement : 1/8/1943
    • Département(s) de résistance : Dordogne
  • Arrestation et condamnation
    • Date d'arrestation : 3/11/1943
    • Lieu d'arrestation : Saint-Vincent-de-Connezac
    • Département d'arrestation : Dordogne
    • Juridiction de condamnation : Section spéciale - Limoges
    • Date de condamnation : 07/02/1944
    • Motif(s) de condamnation :
      - Détention d'armes
      - infraction à la loi du 5 juin 1943
    • Peine infligée : Prison
    • Durée de la peine : 1 an
    • Parcours carcéral :
      - Périgueux
      - Limoges
      - Eysses
      - Compiègne
  • Eysses
    • Date d'arrivée à Eysses : 09/02/1944
    • Numéro d'écrou à Eysses : 3197
    • Motif de la levée d'écrou : Remis aux autorités allemandes
    • Date de la levée d'écrou : 30/05/1944
    • Durée de détention : 0 an(s), 3 mois, 21 jour(s)
  • Déportation
    • Déporté
    • Lieu de départ : Compiègne
    • Date de départ : 18/06/1944
    • Parcours concentrationnaire :
      - Dachau
      - Allach (Kdo Dachau)
    • Matricule : 73170
    • Situation en 1945 : Décédé
    • Date : 14/04/1945
    • Lieu : Allach
  • Reconnaissance
    • Statut : Déporté résistant
    • Médaille de la Résistance
    • A titre posthume
    • Date du décret MRF : 24/04/1946

Louis BROUILLET

Par : Jean-Paul Bedoin

Louis Brouillet, fils de Jean Maxime Brouillet, typographe puis artisan imprimeur à Nontron, et de Marie Binchet, est né au n°21 de la place Alfred Agard à Nontron (Dordogne) le 27 mai 1922 itulaire du certificat d'études primaires (CEP), il exerce la profession de typographe dans l’entreprise familiale.

Le 15 juillet 1941, Louis contracte un engagement volontaire au 26e régiment d'infanterie (26e RI) à Périgueux. Il est démobilisé le 27 novembre 1942, l’armée de l’armistice étant dissoute suite à l'invasion de la zone libre par l'armée allemande en réponse au débarquement allié en Afrique du Nord. Il est alors de retour dans sa ville natale et reprend son travail avec ses parents jusqu’au 14 avril 1943, date à laquelle, requis STO, il part travailler pour l'Organisation Todt à Bordeaux où elle construit la base sous-marine. Au bout d’une quinzaine de jours, suite au bombardement de la ville, Louis prend peur, s’enfuit et rentre en Périgord Vert où, comme en atteste Pierre de Prévost, notaire à Nontron, il rejoint momentanément le maquis de Saint Martin le Pin, créé en avril 1943 par Raymond Boucharel, pionnier de la Résistance en Dordogne-Nord. Son père qui est en contact avec des responsables de la Résistance pour lesquels il fabrique des tracts, obtient, par l’intermédiaire d’un agent de liaison venu en récupérer, un contact. Louis et son ami d’enfance, Camille Dogneton, se rendent à vélo à la gare de Périgueux où, le 27 septembre 1943, ils ont rendez-vous. Leur contact leur donne les éléments qui leur permettent de gagner Sainte-Alvère et de rencontrer, à l’hôtel-restaurant de la Boule d'or, l’instituteur en retraite, Pierre Larrue qui, après s’être entretenu avec eux, les dirige vers le maquis des Sangliers que Mojzesz Goldman, dit Mireille, vient de créer à Durestal, commune de Cendrieux. Louis y devient Bernet.et est nommé par le premier chef départemental de l'Armée Secrète chef de groupe avec le grade de sergent.

Lors de l’intervention des GMR, le 20 octobre 1943, qui oblige le maquis à se disperser pour échapper à l’occupant et à ses valets français, Louis gagne avec certains de ses camarades le camp du Tauriac, dans la Double, endroit sûr, au milieu des bois que le père de Pierre Bourland qui réside dans cette commune en bordure de la forêt de la Double, propose à Marc Goldman, pour accueillir le maquis, puis le Maine-du-Puy, commune de de Saint-Vincent-de-Connezac où le groupe est commandé par le lieutenant Savo Lubojevic, dit Lebon. Submergés par un ennemi supérieur en armes et en nombre, les maquisards dont Louis sont capturés. Interné à Périgueux jusqu’au 30 janvier 1944, transféré à Limoges pour y être jugé, le 7 février 1944, par la Section spéciale du tribunal, Louis est condamné à un an de prison et 1200 frs d’amende. Le lendemain, il est conduit à la maison centrale d'Eysses où il est écroué sous le n°3197 et affecté au préau n°1.

Après l’échec de la tentative d'évasion collective et insurrectionnelle menée, le 19 février 1944, par les détenus politiques et la répression qui conduit à l'exécution, le 23 février 1944, de 12 patriotes résistants, les détenus d’Eysses sont livrés, le 30 mai 1944, à la Division Das Reich qui les conduit avec une extrême brutalité jusqu’à la gare de Penne d’Agenais d’où ils partent pour le camp d'internement de Compiègne-Royallieu.. Ils y arrivent le 3 juin 1944.

Le 18 juin suivant, Louis fait partie des 2 139 hommes du transport n° 382 à destination du camp de concentration de Dachau. A son arrivée, le 20 juin 1944, Louis devient le n°73 170. Transféré au Kommando d’Allach, « un camp qui avait été créé, rapporte Camille Dogneton, pour l’usine de la BMW qui fabriquait les pièces pour avions », il y décède le 14 avril 1945, emporté par la tuberculose, « huit jours avant l’arrivée des Américains », se souvient son ami. « Louis Brouillet, rapporte Jean Langevin, est mort à l’infirmerie, couché sur la même paillasse que moi, d’une tuberculose généralisée. Les derniers jours, il ne pouvait avaler sa soupe, qu’il me donnait à finir. J’en faisais profiter un jeune, couché à l’étage de dessous. J’ai rapporté à la famille de Louis sa plaque matricule et sa cuillère. La seconde plaque matricule a permis à un Russe d’échapper aux rafles, se faisant passer pour un Français ».

Déclaré « mort pour la France » le 14 avril 1945, homologué sergent FFI, Louis Brouillet, reconnu déporté résistant, est cité à l’ordre de l’Armée à titre posthume le 25 février 1946 avec attribution de la Croix de guerre avec palme : « Jeune résistant rejoignant comme volontaire le maquis clandestin depuis 1943. Fit preuve d’un courage et d’une discipline appréciés de ses chefs. S’est particulièrement distingué lors de l’attaque du maquis du Maine-du-Puy où il se défendit héroïquement contre un ennemi très supérieur en nombre. Arrêté au cours de cette opération, fut déporté en Allemagne où il mourut d’épuisement à la suite des mauvais traitements reçus ». Louis Brouillet qui reçoit la médaille de la Résistance à titre posthume (décret du 24 avril 1946) est inscrit sur le Mur des Noms de Compiègne et sur le Monument aux Morts de Nontron.

Sources

  • Association nationale pour la mémoire des résistants emprisonnés à Eysses :
  • Archives départementales de Dordogne : 2114 W 7
  • Service historique de la Défense - Vincennes : 16 P 93060
  • Service historique de la Défense - DAVCC Caen : AC 21 P 431 019
  • Archives départementales du Lot-et-Garonne : 940 W 115

Bibliographie

S. Le Bail ; Mojzesz Goldman dit « Mireille » - premier chef départemental du maquis A.S. Dordogne 1943, Editions Le Chêne Vert, 2001, p. 159 ;
G. Penaud, Mémorial des déportés du Périgord, La Lauze, 2011, p. 77 ;
ANACR. Dordogne, J.P. Bedoin (dir.), Chemins de la mémoire, le maquis de Durestal, Périgueux, 2013, pp. 85-86

Liens externes

Mémoire des hommes / Les Médaillés de la Résistance française

Album photos