Photo de profil
  • Informations
    • Nom : BOULEROT
    • Prénom(s) : Victor
  • Etat civil
    • Date de naissance : 29/12/1922
    • Ville de naissance : Pierre-de-Bresse
    • Département de naissance : Saône-et-Loire
    • Pays de naissance : France
    • Profession avant guerre :
      - menuisier
  • Résistance
    • Organisation(s) de résistance :
      - FTP
      - Maquis FTP de Cluny
      - camp des sans-culottes (Saône-et-Loire)
    • Pseudonyme : André
    • Date d'engagement : 12/02/1943
    • Département(s) de résistance : Saône-et-Loire
  • Arrestation et condamnation
    • Date d'arrestation : 28/08/1943
    • Lieu d'arrestation : Vaux-Verzé
    • Département d'arrestation : Saône-et-Loire
    • Juridiction de condamnation : Section spéciale - Lyon
    • Date de condamnation : 07/02/1944
    • Motif(s) de condamnation :
      - Détention d'armes
      - activité communiste
    • Peine infligée : Prison
    • Durée de la peine : 2 ans
    • Parcours carcéral :
      - Mâcon
      - Lyon (Saint-Paul)
      - Eysses
      - Compiègne
  • Eysses
    • Date d'arrivée à Eysses : 22/02/1944
    • Numéro d'écrou à Eysses : 3313
    • Motif de la levée d'écrou : Remis aux autorités allemandes
    • Date de la levée d'écrou : 30/05/1944
    • Durée de détention : 0 an(s), 3 mois, 8 jour(s)
  • Déportation
    • Déporté
    • Lieu de départ : Compiègne
    • Date de départ : 18/06/1944
    • Parcours concentrationnaire :
      - Dachau
      - Landsberg (Kdo Dachau)
      - Kaufering (Kdo Dachau)
      - Allach (Kdo Dachau)
    • Matricule : 73144
    • Situation en 1945 : Libéré
    • Date : 30/04/1945
    • Lieu : Allach
    • Date de rapatriement : 03/06/1945
    • Centre de rapatriement : Annemasse
  • Reconnaissance
    • Statut : Déporté résistant

Victor BOULEROT

Par : Roland Tatreaux

Victor Boulerot est né le 29 décembre 1922 à Pierre-de-Bresse, en Saône-et-Loire. Il est le fils d’Anselme Boulerot, successivement domestique, ouvrier et manouvrier, et de Marie-Thérèse Huard. Dernier d’une fratrie de quatre enfants, il grandit dans une famille durement éprouvée par la perte prématurée des deux aînés, décédés à l’âge de 27 et 33 ans. Issu d’un milieu très modeste, Victor quitte l’école primaire pour entrer en apprentissage chez M. Nicolas Claudius, menuisier-ébéniste à Pierre-de-Bresse.

Lorsque son maître d’apprentissage est mobilisé, Victor perd son emploi et s’embauche aux Mines de potasse d’Alsace, où il exerce son métier de menuisier à la construction de tours de pour sonder le terrain. Le 17 juin 1941, il s’engage au 5e régiment de dragons à Mâcon. Après ses classes, il est affecté à la menuiserie de la caserne Duhesme. Il est démobilisé le 28 novembre 1942.

En décembre 1942, afin d’échapper au Service du travail obligatoire (STO), il rejoint la Résistance et participe à la formation d’un groupe de partisans au lieudit Bois de Pierre (Bois Saint-Pierre, commune de Pierre-de-Bresse), dit « groupe d’Anton ».

Le 12 février 1943, contacté par Gabriel Lagrange (alias Lefranc), également natif de Pierre-de-Bresse, il rejoint les FUJ dans la région de Cluny. En mai 1943, il est incorporé aux FTP au camp des Sans-Culottes, situé dans la région de Berzé, Verzé et Igé. Fort d’environ 40 à 50 hommes répartis en trois groupes, le camp est commandé successivement par Jean Martin (alias Barbier), puis par Charles Perrin (alias Vauban). Victor Boulerot y exerce la fonction d’agent de liaison. Il utilise successivement les pseudonymes André, Robert Dupuis, puis André Leharanger.

Il participe, le 13 juillet 1943, à une attaque contre la voie ferrée Paris–Lyon sur la commune de Sancé, puis, le 15 juillet 1943, à la récupération d’explosifs à Flacé-lès-Mâcon. Le 25 juillet 1943, Charles Perrin le nomme caporal-chef, faisant fonction de chef de groupe adjoint, avec huit hommes sous ses ordres (chef de groupe : Gabriel Lagrange). Le 28 juillet 1943, le groupe Lagrange-Boulerot sabote une ligne à haute tension sur la commune de Sainte-Cécile, au lieudit La Valouze, près de Cluny. Le 6 août 1943, le groupe s’attaque à la voie ferrée reliant Bourg-en-Bresse à Mâcon.

Le 28 août 1943, à la suite de la dénonciation d’un espion infiltré parmi les maquisards, le camp des Sans-Culottes est attaqué par les gendarmes de Mâcon, appuyés par les GMR, sur la commune de Verzé, au lieudit Vaux-Verzé. La ferme du Mont, où loge le groupe Lagrange-Boulerot, est encerclée. À l’issue d’un combat inégal, sept résistants sont faits prisonniers. Au cours de l’engagement, Victor Boulerot est indirectement blessé : une balle ennemie frappe la pierre sur laquelle il avait pris appui, projetant des éclats, des étincelles et de la poudre dans ses yeux, ce qui le prive de la vue pendant plusieurs mois.

Incarcéré à la maison d’arrêt de Mâcon, il est transféré le 26 novembre 1943 à la prison Saint-Paul de Lyon. Le 7 février 1944, il comparaît devant la section spéciale près la cour d’appel de Lyon, qui le condamne pour détention d’armes et activité communiste à deux ans de prison sous sa véritable identité, ainsi qu’à dix ans de prison par contumace sous son pseudonyme de Leharanger André. Le 22 février 1944, il est incarcéré à la centrale d’Eysses sous le numéro d’écrou 3 313.

Le 30 mai 1944, il est remis aux autorités allemandes et transféré à Compiègne, d’où il est déporté au camp de concentration de Dachau, block 17, sous le matricule 73 144. Il est ensuite affecté au camp de travail de Landsberg. Lors de l’évacuation de la centrale d’Eysses, il a le poignet fracturé à la suite d’un coup de crosse asséné par un soldat SS (faits attestés par Didier Bardin, Marcel Cochet et Paul Guillerminet).

À l’issue d’une terrible marche qui le conduit successivement des camps de Landsberg à Kaufering, puis de Kaufering à Allach, il est libéré le 28 avril 1945 par les troupes américaines. Rapatrié le 3 juin 1945, il est accueilli à sa descente du car, sur la place de Pierre-de-Bresse, par sa mère, son père n’ayant pas eu la force de s’y rendre. Tous reprennent alors, tant bien que mal, le cours de la vie d’avant.

Victor Boulerot est hospitalisé à Mâcon en juillet et août 1945 en raison de séquelles évidentes liées à sa détention et à sa déportation. Il est ensuite embauché à EDF à Bourg-en-Bresse, où il effectue toute sa carrière jusqu’à sa retraite. Il épouse Jeannine Cécile Martinero, de deux ans sa cadette. Victor Boulerot décède à Bourg-en-Bresse le 22 novembre 2015. Il y repose aux côtés de son épouse, décédée en 2017.

Victor Boulerot est reconnu Déporté-Résistant par décision du 8 juin 1955 (carte n° 1.01525652), pour une période d’internement du 28 août 1943 au 19 juin 1944 et de déportation du 20 juin 1944 au 1er juin 1945.

Il est également titulaire du certificat d’appartenance aux FFI, délivré le 16 mars 1948, pour la période allant du 1er avril 1943 au 27 août 1943, au titre des FTP, maquis de Cluny, camp des Sans-Culottes.

La carte de Combattant volontaire de la Résistance (CVR) lui est délivrée le 28 janvier 1954 par le service départemental de l’Ain (alors qu’il résidait à Bourg-en-Bresse, pour des faits de résistance accomplis exclusivement en Saône-et-Loire).

Il est officier de la Légion d’honneur, titulaire de la Médaille militaire, de la Croix de guerre 1939-1945 avec palme, de la médaille des blessés de guerre, de la croix du combattant volontaire de la Résistance, ainsi que de la médaille de la Déportation et de l’Internement pour faits de résistance.

Sources

  • Service historique de la Défense - Vincennes : GR 16P 79916
  • Service historique de la Défense - DAVCC Caen : AC 21P 714917
  • Archives départementales du Lot-et-Garonne : 940W115

Bibliographie

André Jeannet, Mémorial de la Résistance en Saône-et-Loire : Biographie des résistants, p.65.