Cesáreo Zayuelas Moreno, également désigné sous le prénom de César dans les archives françaises, naît le 28 décembre 1921 à Barcelone. Étudiant en droit, il quitte l’Espagne à la fin de la guerre civile. Son dossier de réfugié indique qu’il franchit la frontière française le 7 février 1939, à Lamanère, dans les Pyrénées-Orientales, au moment de la retraite de l’armée républicaine.
Installé à Montauban, il s’engage très tôt dans l’action clandestine. A partir de novembre 1940, avec plusieurs camarades espagnols, il participe à l’organisation d’un service de passage de la frontière destiné notamment aux prisonniers alliés évadés. Cette activité est rattachée au « groupe Martí », une filière constituée autour de réfugiés républicains espagnols.
Zayuelas est arrêté à Montauban le 24 février 1941. Le 18 novembre suivant, le tribunal militaire de la 17e région le condamne à cinq ans de travaux forcés, à la dégradation civique et à quinze ans d’interdiction de séjour. Les pièces judiciaires évoquent la constitution d’une association étrangère non autorisée ainsi que la détention et la diffusion de tracts politiques. Il est incarcéré à Montauban à partir du 26 février 1941.
Le 15 octobre 1943, Cesáreo Zayuelas est transféré de Montauban à la maison centrale d’Eysses, à Villeneuve-sur-Lot. Âgé de vingt et un ans, il y reçoit le numéro d’écrou 369.
Eysses est alors devenue la principale centrale où le régime de Vichy regroupe les condamnés politiques provenant de nombreuses prisons françaises. Communistes, gaullistes, socialistes, résistants sans affiliation et républicains espagnols y constituent progressivement une organisation clandestine structurée. Les détenus se regroupent au sein de ce qu’ils appellent le « bataillon d’Eysses », avec ses responsables, ses services de solidarité et son organisation militaire. Zayuelas s’intègre au collectif espagnol de la centrale, où se retrouvent plusieurs militants arrêtés avec lui ou appartenant aux mêmes réseaux de résistance.
Les 19 et 20 février 1944, les détenus se soulèvent dans l’espoir de prendre le contrôle de la prison et de rejoindre les maquis. Ils parviennent pendant plusieurs heures à neutraliser la direction et une partie de la garde, mais l’aide extérieure attendue n’arrive pas. L’insurrection est finalement réprimée. Les études consacrées aux Espagnols d’Eysses rangent Zayuelas parmi les détenus catalans engagés dans ce mouvement collectif.
Après la reprise de la centrale, douze résistants sont condamnés à mort et fusillés le 23 février 1944. Les autres détenus subissent un durcissement du régime carcéral. Zayuelas demeure à Eysses jusqu’au 30 mai 1944. Ce jour-là, il est remis aux autorités allemandes avec les autres prisonniers politiques de la centrale. Ce transfert collectif marque la transformation de leur détention française en déportation vers le système concentrationnaire nazi.
Acheminé au camp de Royallieu, à Compiègne, il y est interné du 2 au 18 juin 1944. Le 18 juin, il est déporté à Dachau. Il reçoit le matricule 74109, puis est affecté au kommando de Blaichach, dépendant du camp de Dachau. Il y demeure jusqu’à sa libération, le 30 avril 1945.
Rapatrié en France au cours de l’été 1945, Zayuelas reprend une vie civile et politique. Il épouse Jeanne Katzenstein le 21 mai 1947 à Paris, dans le 16e arrondissement. Il exerce ensuite la profession de comptable et réside successivement à Paris, notamment rue de Vaugirard, puis à Rosny-sous-Bois.
Réfugié espagnol placé sous la protection de l’OFPRA, il acquiert la nationalité française par un décret du 2 octobre 1973, publié au Journal officiel du 7 octobre. Parallèlement, il poursuit son engagement dans le POUM en exil. Il intervient notamment sous le pseudonyme d’« I. Graco » dans les débats internes du parti. Les archives déposées à la Fondation Pablo Iglesias montrent qu’il participe encore, dans les années 1970, aux travaux du comité de liaison du POUM et à la conservation de la mémoire politique de l’exil espagnol. Elles le présentent comme le producteur d’un important fonds documentaire consacré au POUM en France.
Les instruments de recherche de cette fondation situent sa mort en 1978, sans que les documents du dossier permettent d’en préciser la date et le lieu.