Jean TOUREL
Service historique de la Défense, Vincennes
  • Informations
    • Nom : TOUREL
    • Prénom(s) : Jean
  • Etat civil
    • Date de naissance : 23/06/1907
    • Ville de naissance : Nîmes
    • Département de naissance : Gard
    • Pays de naissance : France
    • Profession avant guerre :
      - SNCF
      - Agent SNCF
    • Date de décès : 08/03/1945
    • Lieu de décès : Dachau (Allemagne)
  • Arrestation et condamnation
    • Date d'arrestation : 8/11/1941
    • Lieu d'arrestation : ?
    • Département d'arrestation : ?
    • Motif(s) de condamnation :
      - Activité communiste
    • Parcours carcéral :
      - ?
      - Eysses
      - Compiègne
  • Eysses
    • Numéro d'écrou à Eysses : 2500
    • Motif de la levée d'écrou : Remis aux autorités allemandes
    • Date de la levée d'écrou : 30/05/1944
  • Déportation
    • Déporté
    • Lieu de départ : Compiègne
    • Date de départ : 18/06/1944
    • Parcours concentrationnaire :
      - Dachau
    • Matricule : 74058
    • Situation en 1945 : Décédé
    • Date : 08/03/1945
    • Lieu : Dachau

Jean TOUREL

Par : André Francisco

Jean Tourel naît à Nîmes le 24 juin 1907. Son père, Antoine, est employé aux chemins de fer, et sa mère, née Jeanne Goudet, est couturière. Après une formation d’ajusteur, il entre à la SNCF. En 1934, il épouse Carmen Lhinarès, originaire de Caveirac. En septembre 1936, ils ont un fils, prénommé Roger, et s’installent au 8 rue Papin, à Nîmes.

Dès juillet 1940, Jean Tourel devient membre du groupe d’action ouvrière au dépôt de Nîmes. Le préfet du Gard, Angelo Chiappe, récemment nommé par le régime de Vichy, cherche à éloigner et à mettre « hors d’état de nuire » ceux susceptibles de diffuser les mots d’ordre communistes. À Nîmes, les cheminots de Courbessac sont particulièrement visés. Dénoncé, Jean Tourel est arrêté le 8 novembre 1941, sur son lieu de travail, par la police française pour distribution de tracts et de journaux clandestins. Interné à la maison d’arrêt de Nîmes, il est transféré au fort Saint-Nicolas, à Marseille, le 18 novembre.

Le 10 décembre 1941, il comparaît avec dix autres militants communistes devant le Tribunal militaire de la XVe division (section spéciale), siégeant en face du fort Saint-Nicolas. Selon le témoignage d’Albert Domenech, le procès, tenu à huis clos, se déroule en présence de trois juges, d’un procureur et d’un avocat commis d’office. Accusé de « propagande communiste » et d’avoir, le 8 novembre 1941 à Nîmes, « mis en circulation et exposé au regard du public des tracts d’origine communiste tendant à propager les mots d’ordre de la IIIe Internationale ou d’organismes s’y rattachant », il est condamné à cinq ans de prison, cent francs d’amende et dix ans d’interdiction de droits civils, civiques et familiaux.

Après un passage à la prison Saint-Pierre de Marseille, il est ramené à Nîmes, à la maison d’arrêt du fort Vauban, où il reste près de deux ans, jusqu’au 15 octobre 1943, date de son transfert à la centrale d’Eysses (matricule d’écrou 2500). Avec ses camarades du préau 2, il participe aux mutineries de décembre 1943 et de février 1944. Le 30 mai, les détenus sont livrés à la division SS Das Reich, qui les conduit, avec une extrême brutalité, à pied, jusqu’à la gare de Penne-d’Agenais, d’où ils sont acheminés vers Compiègne, antichambre des camps nazis.

Arrivé à Compiègne le 2 juin 1944, il est déporté à Dachau le 18 juin. À son arrivée, le 20 juin, il reçoit le matricule 74 058. C’est dans ce camp, au Block 23, qu’il meurt de la typhoïde le 8 mars 1945.

La notification officielle de « Mort pour la France » est datée du 17 juillet 1952. Son nom figure sur une plaque commémorative en gare de Nîmes, à la mémoire des agents SNCF morts pour la France.

Sources

  • Service historique de la Défense - DAVCC Caen : 21P 544750
  • Service historique de la Défense - Vincennes : 16P 575117
  • Archives départementales du Lot-et-Garonne : 940W114
  • Archives privées : archives familiales (photo) et entretien avec son fils Roger le 3 mai 2024
  • Arolsen Archives :
  • Fondation pour la mémoire de la Déportation :

Bibliographie

"Condamnations de communistes", Le Petit Provençal, 13 décembre 1941.

Album photos