Jean Tourel naît à Nîmes le 24 juin 1907. Son père, Antoine, est employé aux chemins de fer, et sa mère, née Jeanne Goudet, est couturière. Après une formation d’ajusteur, il entre à la SNCF. En 1934, il épouse Carmen Lhinarès, originaire de Caveirac. En septembre 1936, ils ont un fils, prénommé Roger, et s’installent au 8 rue Papin, à Nîmes.
Dès juillet 1940, Jean Tourel devient membre du groupe d’action ouvrière au dépôt de Nîmes. Le préfet du Gard, Angelo Chiappe, récemment nommé par le régime de Vichy, cherche à éloigner et à mettre « hors d’état de nuire » ceux susceptibles de diffuser les mots d’ordre communistes. À Nîmes, les cheminots de Courbessac sont particulièrement visés. Dénoncé, Jean Tourel est arrêté le 8 novembre 1941, sur son lieu de travail, par la police française pour distribution de tracts et de journaux clandestins. Interné à la maison d’arrêt de Nîmes, il est transféré au fort Saint-Nicolas, à Marseille, le 18 novembre.
Le 10 décembre 1941, il comparaît avec dix autres militants communistes devant le Tribunal militaire de la XVe division (section spéciale), siégeant en face du fort Saint-Nicolas. Selon le témoignage d’Albert Domenech, le procès, tenu à huis clos, se déroule en présence de trois juges, d’un procureur et d’un avocat commis d’office. Accusé de « propagande communiste » et d’avoir, le 8 novembre 1941 à Nîmes, « mis en circulation et exposé au regard du public des tracts d’origine communiste tendant à propager les mots d’ordre de la IIIe Internationale ou d’organismes s’y rattachant », il est condamné à cinq ans de prison, cent francs d’amende et dix ans d’interdiction de droits civils, civiques et familiaux.
Après un passage à la prison Saint-Pierre de Marseille, il est ramené à Nîmes, à la maison d’arrêt du fort Vauban, où il reste près de deux ans, jusqu’au 15 octobre 1943, date de son transfert à la centrale d’Eysses (matricule d’écrou 2500). Avec ses camarades du préau 2, il participe aux mutineries de décembre 1943 et de février 1944. Le 30 mai, les détenus sont livrés à la division SS Das Reich, qui les conduit, avec une extrême brutalité, à pied, jusqu’à la gare de Penne-d’Agenais, d’où ils sont acheminés vers Compiègne, antichambre des camps nazis.
Arrivé à Compiègne le 2 juin 1944, il est déporté à Dachau le 18 juin. À son arrivée, le 20 juin, il reçoit le matricule 74 058. C’est dans ce camp, au Block 23, qu’il meurt de la typhoïde le 8 mars 1945.
La notification officielle de « Mort pour la France » est datée du 17 juillet 1952. Son nom figure sur une plaque commémorative en gare de Nîmes, à la mémoire des agents SNCF morts pour la France.