Urbain, Louis, François Terrier est né le 24 mai 1897 à Prety (Saône-et-Loire). Il est le fils de Louis Terrier, Aubergiste, cultivateur, et Eugénie Scheterne, cultivatrice, cafetière. C’est l’aîné d’une fratrie de trois enfants. Urbain Terrier est titulaire du certificat d’études primaires.
Le 11 janvier 1916, il est mobilisé au 85e régiment d’artillerie lourde. Le 21, il est classé par la commission de réforme de Dijon dans le service auxiliaire. Par celle du 29 avril, il est maintenu dans le service auxiliaire. Le 26 janvier 1917, il passe au 13e régiment d’artillerie sur auto ; le 26 mars au 20e escadron du train ; le 5 avril au 5e escadron du train et est dirigé aux armées, ce jusqu’au 11 novembre 1918. Du 12 novembre 1918 au 19 septembre 1919, date de sa démobilisation, il fait partie des troupes d’occupation de la Rhénanie.
Il prend pour épouse Pauline Marie Bonfolio, native de Corcieux (Vosges) dont il aura deux enfants, Lucienne Eugénie née à Lugny (Saône-et-Loire) en 1920 et Gérard née en 1931 à Paris.
En 1940, il est domicilié, 1, impasse Charavay dans le quartier de Vaise à Lyon. Il est menuisier chez Rose et Delard, rue Louis-Loucheur, Lyon 9e.
C’est le 20 septembre1942 qu’Urbain Terrier entre officiellement en Résistance. Recruté par un dénommé Lebel, responsable départemental des FUJ du Rhône, il intègre le mouvement. Il prend le pseudo d’Urbain. Tout d’abord, il participe à la distribution de tracts propagandistes, au collage d’affiches et à la diffusion de journaux clandestins comme Libération, Combat ou Franc-Tireur. Puis, il est chargé du recrutement, de l’instruction militaire des jeunes et de l’organisation des FUJ dans le quartier de Lyon-Vaise. Le 15 avril 1943, il est nommé chef des groupes du secteur de Lyon-Vaise pour l’AS et les FUJP par décision du responsable national des FUJP, Louis Rigal (attestation commandant Duvernois 5e bureau AI de l’AS et capitaine Breyton dit Marin).
Au fur et à mesure que les effectifs grossissent, les activités s’étoffent et se diversifient : fabrication de fausses cartes d’identité, organisation de départs dans les maquis, liaisons entre le Rhône et la Saône-et-Loire, prises en charge d’agents de passage transitant des maquis de Savoie à celui de Chambon-le-Château en Lozère.
Le 2 juin 1943, il participe à sa première action armée en sabotant la voie ferrée au niveau du petit village de Le Villars, sur le secteur de Tournus (Saône-et-Loire). Il récidive en menant des opérations contre la légion des anciens combattants dans le quartier de Vaise en juillet, exécutant une mission spéciale contre la Gestapo dans le même quartier en août et en participant au plasticage d’un transformateur à l'usine Rhodiaceta.
C’est le 15 octobre 1943 qu’il est arrêté, sur un chantier où il travaille pour le compte de son employeur, à Tassin-la-Demi-Lune (Rhône), par des agents de la brigade politique. La veille, il avait participé à une opération de collage d’affiches clandestines et, reconnu par un garde, avait été dénoncé aux forces de l’ordre. Il est conduit à son domicile pour une perquisition, mais le gardien de la Paix Camus, policier résistant, prévenu de son arrestation, s’était dépêché de faire le ménage dans son appartement, emmenant des valises contenant des armes, des explosifs, des tracts et des journaux clandestins qu’il remettra plus tard à son chef Lebel.
Urbain Terrier est interné au petit dépôt, puis le 19 octobre écroué à la maison d’arrêt Saint Paul à Lyon. Le 10 janvier 1944, il est jugé par la section spéciale près de la cour d’appel de Lyon et condamné à 10 mois de prison et 2 000 francs d’amende pour « menées antinationales, par le transport de tracts clandestins et collage d’affiches clandestines ». Le 28 janvier 1944, il est transféré à la maison centrale d’Eysse où il est écroué sous le n° 2 969, au préau n° 4.
Le 30 mai 1944, il est remis aux autorités allemandes et transféré à Compiègne d’où, le 18 juin, il est déporté au camp de concentration de Dachau, matricule 74 036. Il travaille comme jardinier chez Nützl à Mühldorf am Inn. Le 20 septembre, il est affecté au kommando d’Allach d’où, le 28 avril, il est libéré par les troupes américaines. Le 1er juin, il est rapatrié, après être passé par le centre d’accueil de Reichenau sous le n° 1 817, par le centre de Mulhouse. Il réintègre ses foyers le 4 juin 1945.
Après-guerre, il reprend son métier de menuisier mais, le 22 octobre 1953, son épouse, Pauline Marie Bonfilio décède à Lyon 3e. Après dix ans de veuvage, il refait sa vie et prend pour épouse en secondes noces, le 27 juillet 1963, à Jarnosse (Loire), Germaine Barbier. Il quitte l’impasse Charavay et s’installe « Aux angles » à Jarnosse. Le 1er juin 1981, il s’éteint à Lyon 3e arr.
Urbain Terrier est titulaire d’un certificat de validation des services, campagnes et blessures, délivré le 27 juin 1951. Il est reconnu comme déporté résistant, le 25 juillet 1950, carte n° 1.015.00682, pour une période d’internement allant du 15 octobre 1943 au 29 mai 1944 et de déportation du 30 mai 1944 au 1er juin 1945 et considéré comme blessé le 30 mai 1944 (en date du 5 avril 1951). Il est aussi titulaire d’un certificat d’appartenance aux FFI du Rhône, au titre des GF, AS, FUJ, pour la période du 1er juin au 15 octobre 1943, et au titre du bataillon FFI de la centrale d’Eysses pour la période du 25 janvier au 30 mai 1944, en date du 11 juin 1948. Son grade de sous-lieutenant a été homologué par la commission nationale d’homologation des grades en date du 21 juin 1946, sous le n° 10 925 avec prise de rang le 1er octobre 1943.