Joseph SALAMERO
Association Eysses
  • Informations
    • Nom : SALAMERO
    • Prénom(s) : Joseph
  • Etat civil
    • Date de naissance : 11/01/1909
    • Ville de naissance : Marmande
    • Département de naissance : Lot-et-Garonne
    • Pays de naissance : France
    • Profession avant guerre :
      - cultivateur
    • Date de décès : 11/01/1985
    • Lieu de décès : Boscamnant (Charente-Maritime)
  • Eysses
    • Numéro d'écrou à Eysses : 416
    • Motif de la levée d'écrou : Transféré
    • Date de la levée d'écrou : 21/06/1943
    • Destination de la levée d'écrou : Mauzac
  • Déportation
    • Déporté
    • Lieu de départ : Toulouse
    • Date de départ : 30/07/1944
    • Parcours concentrationnaire :
      - Buchenwald
    • Matricule : 69941
    • Situation en 1945 : Libéré
    • Lieu : ?

Joseph SALAMERO

Par : François Frimaudeau

Joseph Salamero est né à Marmande en 1909. Il quitte l’école à l’âge de onze ans afin de travailler à la ferme familiale. Par la suite, il exerce diverses activités professionnelles : ouvrier dans le bâtiment (notamment sur la construction des digues de la Garonne puis du pont de Marmande en 1930), auxiliaire aux chemins de fer entre 1932 et 1933, employé à Paris au sein de l’entreprise de travaux publics ayant construit le pont de Marmande en 1933-1934, puis ouvrier à la tuilerie Soizeau à Sainte-Bazeille (Lot-et-Garonne) en 1935-1936. C’est dans cette dernière entreprise qu’il s’illustre en tant qu’animateur de la grève de 1936, ce qui lui vaut son licenciement. En 1937, il est recruté comme gardien de nuit et auxiliaire à la Voie des chemins de fer. Parallèlement, il poursuit ses études par correspondance à l’École supérieure des colonies et obtient en 1933 un diplôme de chef de cultures.

Militant communiste engagé et responsable syndical au sein de la CGT, Joseph Salamero est à l’origine, en 1930, de la création d’un syndicat parmi les ouvriers participant à la construction du pont de Marmande. Dès septembre 1940, il est chargé de la reconstitution du Parti communiste dans le canton de Marmande, notamment à Saint-Bazeille. Il intervient également comme « chef de groupe » de l’Organisation spéciale (OS) — une structure clandestine affiliée au Parti communiste —, nommé par Louis Godefroy le 10 octobre 1940. Il participe notamment au sabotage de matériel roulant (camions) stocké près de Sainte-Bazeille, destiné aux forces allemandes à partir des parcs militaires français.

En juin 1941, une vague d’arrestations touche les sympathisants communistes du Marmandais engagés dans la diffusion de la presse clandestine. Joseph Salamero est arrêté le 4 juillet 1941 à Sainte-Bazeille par la police française, à la suite d’une dénonciation. Condamné à trois ans de prison par le tribunal militaire spécial de Toulouse le 2 octobre 1941, il est successivement incarcéré à Agen (du 5 juillet au 10 septembre 1941), à Toulouse (du 12 septembre au 10 octobre 1941), puis à la centrale d’Eysses (matricule 416) du 10 octobre 1941 au 23 juin 1943. Il est ensuite transféré à la prison militaire de Mauzac (Dordogne) du 23 juin 1943 au 5 janvier 1944, puis à Saint-Sulpice-la-Pointe (Tarn) jusqu’au 30 juillet 1944. Durant sa détention à Mauzac, il assure la fonction d’agent de liaison entre la résistance extérieure et la résistance intérieure. À Saint-Sulpice-la-Pointe, il intègre le triangle de direction du Front national de lutte pour la libération et l’indépendance de la France.

Suite à une tentative d’évasion, l’ensemble du camp est déporté au camp de concentration de Buchenwald (Allemagne) en août 1944. Joseph Salamero est déporté à Buchenwald (matricule 69 941) du 6 août 1944 au 8 avril 1945, puis transféré à Flossenbürg du 15 au 20 avril 1945. Dans le camp de Buchenwald, il occupe la responsabilité d’une section de la brigade française libératrice.

Libéré le 22 avril 1945, il regagne le Lot-et-Garonne le 5 juin suivant, après un séjour de convalescence de 25 jours dans un centre bavarois. Après la Libération, Joseph Salamero reprend son poste de garde-barrière à la SNCF ainsi que ses activités syndicales et politiques. Il devient responsable du syndicat CGT des cheminots de Marmande, secrétaire de la section du Parti communiste de Marmande, puis membre de son bureau jusqu’en 1961. Par ailleurs, il siège au bureau fédéral du Parti communiste du Lot-et-Garonne jusqu’en 1953, puis au comité fédéral de 1954 à 1959.

Joseph Salamero s’éteint en 1997 à Marmande.

Sources

  • Service historique de la Défense - DAVCC Caen : 21 P 669 175
  • Service historique de la Défense - Vincennes : 16 P 531 471
  • Archives départementales du Lot-et-Garonne : 940 W 111
  • Association nationale pour la mémoire des résistants emprisonnés à Eysses : dossier Joseph Salamero

Bibliographie

Robin (P.) et Glayroux (A.), Mémoires et Traditions ouvrières. Contribution à l'histoire du syndicalisme en Lot-et-Garonne. Tome I, UD-CGT Lot-et-Garonne, 1986, Tome II, UD-CGT Lot-et-Garonne, 1999

Liens externes

Notice SALAMERO Joseph par Marie-Louise Goergen