Charles NEES
Service historique de la Défense, Vincennes
  • Informations
    • Nom : NEES
    • Prénom(s) : Charles
  • Etat civil
    • Date de naissance : 11/08/1919
    • Ville de naissance : Drulingen
    • Département de naissance : Bas-Rhin
    • Pays de naissance : France
    • Profession avant guerre :
      - employé d’asile
    • Date de décès : 20/03/2004
    • Lieu de décès : Pfastatt (Haut-Rhin)
  • Arrestation et condamnation
    • Date d'arrestation : 07/09/1943
    • Lieu d'arrestation : Aime
    • Département d'arrestation : Savoie
    • Parcours carcéral :
      - Chambéry
      - Lyon (Saint-Paul)
      - Eysses
      - Compiègne
  • Eysses
    • Numéro d'écrou à Eysses : 687
    • Motif de la levée d'écrou : Remis aux autorités allemandes
    • Date de la levée d'écrou : 30/05/1944
  • Déportation
    • Déporté
    • Lieu de départ : Compiègne
    • Date de départ : 02/07/1944
    • Parcours concentrationnaire :
      - Dachau
      - Riem (Kdo Dachau)
      - Kempten (Kdo Dachau
    • Matricule : 77892
  • Reconnaissance
    • Médaille de la Résistance
    • Date du décret MRF : 03/08/1946

Charles NEES

Par : Bertrand Merle

Charles Nées est né à Drulingen le 11 août 1919. Un document d’état civil indique que sa mère se nomme Emma Nées et qu’il est de religion protestante. Il est mobilisé le 18 avril 1940 et affecté au dépôt d’infanterie n°145 à Montélimar (Drome), se trouve sur le front de l’Isère face aux troupes italiennes jusqu’à l’armistice du 24 juin. Stationné ensuite à Montélimar (dépôt d’infanterie n° 145) à nouveau, Lyon (99e RIA) puis à Grenoble (153e RIA), il s’engage pour une période de 30 mois le 2 décembre 1940. Au courant de l’été, il avait refusé la démobilisation et un rapatriement en Alsace. Il est ensuite nommé caporal le 6 juillet puis sergent le 16 mai 1942 au cours de son affectation au 159e RIA à Grenoble (régiment d’infanterie alpine) au sein duquel il côtoie des Alsaciens dont Paul Royer né en 1923 à Schirrhein, menacé d’arrestation, ce dernier s’était évadé d’Alsace le 23 mars 1941. Il meurt au combat le 2 septembre 1944. Victor Schwinté (1923-1987), né à La Broque, fait partie du même groupe de Bas-Rhinois. Ce sont près de 14 jeunes alsaciens, anciens mobilisés du 159e RIA qui vont le rejoindre plus tard au maquis. Charles Nées est en congé d’armistice le 28 novembre 1942, soit quelques jours après l’envahissement par les troupes allemandes de la zone libre.

A cette date l’Isère et la Savoie sont en zone italienne. Charles Nées trouve un emploi de manœuvre à la SNCF en gare de Chambéry sous le faux nom de Charles Masson. Il ne veut pas rentrer en Alsace annexée de fait. En effet, depuis le 25 août 1942 à la suite d’une ordonnance du Gauleiter Robert Wagner, les jeunes gens du Haut-Rhin et du Bas-Rhin, mais aussi de la Moselle, sont soumis à l’incorporation de force dans les armées allemandes (le Gauleiter est l’autorité administrative suprême du Gau, l’équivalent d’une région). En cette fin de l’année 1942, il entre également en résistance et adhère à Combat bien implanté en Savoie depuis les prémisses de ce mouvement via l’appellation d’origine, Libération. Pendant la période où il a été militaire de carrière, il n’avait cessé de s’instruire avec comme but, intégrer Saint-Maixant, l’école des sous-officiers. Cette période d’apprentissage est soulignée par des officiers de l’époque et dont les témoignages élogieux figurent dans son dossier du SHD. La formation au concours est néanmoins interrompue par la démobilisation. C’est donc nanti d’une bonne instruction militaire qu’il arrive au maquis d’Aime le 1er avril 1943. Il est nommé chef de ce camp dénommé « Allobroges », chargé d’y encadrer les hommes et de former six trentaines dans le cadre de l’armée secrète de Savoie. Il prend trois pseudonymes, Charles Masson puis Raymond Chabert lors de son adhésion à Combat mais aussi Armand Curty.

Après une première opération qui a consisté à baliser un terrain destiné au parachutage d’armes et de matériel, une seconde est organisée. Avec un groupe de résistants, il organise une attaque le 5 septembre 1943 contre le barrage de Centron sur l’Isère lequel alimente en électricité l’usine électrochimique de Pomblière à Saint-Marcel où sont produits des composants pour l’industrie allemande, notamment du sodium. Le commando doit éviter une patrouille italienne, mais le but est atteint, le barrage est gravement endommagé.

Charles Nées est cependant arrêté le 7 septembre 1943 à Aime… par la gendarmerie française, il a été piégé par des miliciens prétextant une convocation chez les gendarmes. Il est ensuite transféré à la prison de Chambéry. Au cours des interrogatoires, il demeure impassible et ne livre aucun nom de ses complices du maquis. Le 12 décembre 1943, le tribunal spécial de l’État français siégeant à Chambéry le condamne à cinq ans de travaux forcés. Il réintègre la prison de Chambéry jusqu’au 20 décembre 1943, puis est transféré à Saint-Paul (Lyon) jusqu’au 10 janvier 1944. Il arrive à la centrale d’Eysses le 12 janvier 1944. Il est remis aux autorités allemandes le 30 mai 1944. Puis il est déporté au départ de Compiègne pour Dachau dans le « train de la mort » du 2 juillet 1944.

Il ne reste que peu de temps dans l’unité centrale du camp avant d’être affecté successivement à deux commandos extérieurs proches, Riem dans Munich même jusqu’au 20 décembre 1944, puis retour à Dachau pour deux semaines avant de rejoindre Kempten le 3 janvier 1945. Là, il est affecté à la production de guerre dans une usine du constructeur automobile BMW. Il est libéré le 17 avril 1945 par la 1ère armée française.

Charles Nées rentre rapidement en France et séjourne dans une maison de repos située à La Féclaz en Savoie, puis chez Louis Crida à Moutiers l’ancien chef de la résistance locale à Moutiers. Dès le 1er août, il devient secrétaire de la « fédération départementale des internés-résistants » de Savoie.

Ainsi que ses autres collègues rentrés de déportation, Charles Nées est très diminué ainsi que l’attestent les pièces de ses dossiers de reconnaissance. Il est aussi reconnu blessé de guerre à compter du 3 juillet 1944 au lendemain de son départ de Compiègne. Intégré au 99e RIA à Chambéry en janvier 1946, il est définitivement démobilisé le 31 mars. Il s’était marié à Laurence Marie Koch le 24 novembre 1945. Ses infirmités se sont aggravées dans les années qui ont suivi sa libération. L’invalidité a été reconnue en 1957. Après-guerre, il a créé une entreprise de peinture à Amnéville (Moselle). Il décède à Pfastatt dans la banlieue de Mulhouse (Haut-Rhin) le 20 mars 2004.

Sources

  • Service historique de la Défense - Vincennes : 16 P 441715
  • Service historique de la Défense - DAVCC Caen : 21P 604390
  • Ordre de la Libération - CNMRF :

Bibliographie

Eric Le Normand. Aéria Savoie 2012. Fiche Charles Nées.