Gaston MOUTON
Service historique de la Défense, Caen
  • Informations
    • Nom : MOUTON
    • Prénom(s) : Gaston
  • Etat civil
    • Date de naissance : 15/03/1905
    • Ville de naissance : Sorgues
    • Département de naissance : Vaucluse
    • Pays de naissance : France
    • Profession avant guerre :
      - SNCF
      - Agent SNCF
    • Date de décès : 09/04/1983
    • Lieu de décès : La Trinité-Victor (Alpes-Maritimes)
  • Arrestation et condamnation
    • Date d'arrestation : 07/07/1941
    • Lieu d'arrestation : La Trinité-Victor
    • Département d'arrestation : Alpes-Maritimes
    • Motif(s) de condamnation :
      - Activité communiste
    • Parcours carcéral :
      - Nice
      - Marseille
      - Toulon
      - Eysses
      - Compiègne
  • Eysses
    • Numéro d'écrou à Eysses : 2397
    • Motif de la levée d'écrou : Remis aux autorités allemandes
    • Date de la levée d'écrou : 30/05/1944
  • Déportation
    • Déporté
    • Lieu de départ : Compiègne
    • Date de départ : 18/06/1944
    • Parcours concentrationnaire :
      - Dachau
      - Kottern (Kdo Dachau)
      - Dachau
    • Matricule : 73791
    • Situation en 1945 : Libéré
    • Date : 29/04/1945
    • Lieu : Dachau

Gaston MOUTON

Par : Marilyne Andréo

Gaston Ulysse Gustave Mouton est né le 16 mars 1905 à Sorgues dans le Vaucluse. Il est le fils d’Hippolyte Mouton, chauffeur, et de Rose Marie Anne Gonnet, sans profession. Du 10 mai 1925 au 10 novembre 1926, il effectue son service militaire au 15e COA (Commis et Ouvriers militaires) à Marseille dans les Bouches-du-Rhône. Il se marie le 17 décembre 1927 au Pontet dans le Vaucluse avec Valentine Boyer. Le couple a quatre enfants, nés entre 1928 et 1936.

Gaston Mouton est cheminot. Le 2 février 1929, il est muté dans les Alpes-Maritimes à Nice au dépôt de Saint-Roch. La famille habite à Saint-André-de-Nice (aujourd’hui Saint-André-de-la-Roche) puis à La Trinité-Victor. En 1936, Gaston Mouton adhère au parti communiste français et il est secrétaire de la cellule de cette dernière localité. Sa femme partage son engagement en étant secrétaire de l’Union des Femmes contre la misère et la guerre. En 1939-1940, il vient en aide à des prisonniers politiques et à des réfugiés étrangers internés dans le camp du Vernet dans l’Ariège et dans le camp de Rieucros à Mende dans la Lozère. Lors de la mobilisation, il est affecté spécial à la SNCF. Il est ouvrier tourneur et continue de travailler au dépôt niçois de Saint-Roch. Dès juillet 1940, il organise des groupes de Résistance parmi les cheminots du secteur de Nice et de la vallée du Paillon. Grâce à son métier, il peut se déplacer facilement, récupérer des armes à Montélimar dans la Drôme et les transporter à Avignon dans le Vaucluse, à Marseille, à Arles et à Miramas dans les Bouches-du-Rhône, à Toulon dans le Var et à Nice. Il organise des sabotages et diffuse des tracts et des journaux clandestins. En avril 1941, il est nommé responsable de ce secteur et étend son influence jusqu’à Menton et Breil dans les Alpes-Maritimes. Son épouse participe à son action clandestine. En juin 1941, il rejoint le Front national de lutte pour la libération et l’indépendance de la France.

En juillet 1941, à la suite de l’interpellation de deux de ses camarades, son domicile est perquisitionné et une convocation est laissée à sa femme. Le 7 juillet, lorsqu’il se rend au commissariat à Nice, il est arrêté pour reconstitution de ligue dissoute, propagande communiste et non déclaration d’arme à feu. Il est emprisonné dans cette commune pendant quelques jours. Il est condamné par le tribunal correctionnel de Nice à huit mois de prison mais sur appel du procureur de la République de Nice, il est remis au Tribunal militaire de Marseille. Il est détenu au fort Saint-Nicolas de la cité phocéenne (écrou n°2 656) à compter du 1er septembre. Il est condamné quelques jours plus tard le 18 septembre par le Tribunal militaire permanent de la XVe division militaire (Section spéciale) pour activité communiste et port d’arme prohibé à 10 ans de travaux forcés et à 15 ans d’interdiction de séjour. Le surlendemain, il est transféré à la prison civile de Saint-Pierre de la cité phocéenne (écrou n°1 557). Le 11 octobre, il est envoyé à la prison de Toulon. Il arrive à correspondre illégalement et de manière codée avec son épouse qui poursuit son action à Nice jusqu’à ce qu’il lui conseille de se replier à Sorgues chez ses parents. Avec l’aide d’un gardien, il prépare un plan d’évasion collective. Une semaine avant la date prévue, trois détenus s’évadent provoquant une répression à l’intérieur de la prison et la découverte du matériel. La direction de la Résistance à l’intérieur de la prison tente en vain une évasion. Une nouvelle répression se déroule et le projet d’évasion collective est annulé. La peine de Gaston Mouton est commuée en deux ans de prison par décret à compter du 24 août 1943.

En octobre 1943, il est conduit à la centrale d’Eysses à Villeneuve-sur-Lot dans le Lot-et-Garonne. Le 15 octobre, il y reçoit le matricule 2 397. Sa cellule est dans le préau 4 des travailleurs. Il est affecté à la serrurerie. Il y récupère des pinces, des marteaux, des burins. Il est membre de l’organisation militaire clandestine des patriotes emprisonnés ce qui lui permet après la guerre d’être homologué par les autorités militaires comme FFI du bataillon de la centrale à partir du 9 décembre 1943 lorsqu’il prend part à l’action contre les GMR. Le 19 février 1944, il participe à la tentative d’évasion collective. Il est rattaché au poste de commandement des insurgés. Sur ordre d’Henri Auzias, il va chercher le directeur de la prison, Joseph Schivo, afin qu’il téléphone à la Préfecture. Il réussit à ouvrir les serrures du dortoir des travailleurs pour aller aider les autres dortoirs à se libérer. Son chef de groupe est Louis Sinapi. Il tente de prendre d’assaut un mirador sous le feu des mitrailleuses et des grenades. Le 30 mai 1944, plus de 1 200 détenus sont livrés aux nazis par les autorités françaises. Depuis la gare de Penne-d’Agenais, ils sont convoyés à Compiègne dans l’Oise où ils arrivent le 2 juin (numéro 39 602).

Gaston Mouton est déporté le 18 juin à Dachau. Le surlendemain, à son arrivée, il reçoit le matricule 73 791. En août, il est affecté au Kommando de Kottern à Durach. Il y travaille pour l’entreprise Messerschmitt. Il sabote son travail en falsifiant les chiffres de certaines pièces sur les dessins et en jetant dans la rivière différents outils. En avril 1945, il est ramené au camp principal dans un convoi comprenant des détenus récalcitrants et des malades pour y être tué mais l’arrivée des troupes américaines le sauve. Il est libéré le 29 avril. Il est rapatrié via Strasbourg dans le Bas-Rhin le 15 mai et Revigny dans le Jura le 16 mai. Il est de retour à Nice le 25 mai.

Il décède le 9 avril 1983 à l’âge de 78 ans à La Trinité-Victor.

Son nom est inscrit sur le monument commémoratif de la gare de Penne-d’Agenais. Une rue porte son nom à La Trinité-Victor.

Sources

  • Service historique de la Défense - Vincennes : 16 P 435 987, 13 J 767
  • Service historique de la Défense - DAVCC Caen : 21 P 602 596
  • Archives départementales des Bouches-du-Rhône : 1871 W 44
  • Archives départementales du Lot-et-Garonne : 940 W 114
  • Archives départementales du Vaucluse : Etat-civil en ligne
  • Association nationale pour la mémoire des résistants emprisonnés à Eysses : Dossier Gaston Mouton

Liens externes

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