André Morand est né le 28 mai 1907 à Chalon-sur-Saône (Saône-et-Loire). Il est le fils de Lazarine Morand, ouvrière en parapluie, et de père non dénommé. En 1913, il perd coup sur coup sa tante Jeanne Morand, épouse de Joseph Pinard, et sa mère. Joseph monte à Paris en emmenant ses deux enfants et son neveu. Là, il exerce le métier de polisseur sur marbre, habite 150, rue du Faubourg Saint Antoine. Il épouse en secondes noces Alice Pierrette Léger qui lui donnera un fils en 1924. On peut penser que c’est à cette époque qu’André prend son indépendance. Il réside 2, impasse Saint Sébastien à Paris 11e et fait le métier de triporteur. Sa cousine Émilie Antoinette Henriette Pinard, fille aînée de Jeanne Morand est placée comme domestique 37, boulevard Diderot. C’est le 17 juillet 1926, à Paris 12e, qu’André Morand prend pour épouse sa cousine Émilie Pinard.
En 1943, André Morand est domicilié 68, avenue des États-Unis, à Lyon. Émilie lui a donné trois enfants. André travaille comme ajusteur mécanicien à l’usine Bronzavia 27, chemin de Grange-Rouge à Monplaisir, Lyon. C’est une usine qui fabrique des moteurs d’avion et produit pour l’Occupant.
Vers la fin du mois d’août, André Morand trouve, dans le Rhône, un pistolet de calibre 6,35 mm. Il le vend à un de ses collègues qui se fait, par la suite, arrêter en possession de l’arme par le gardien de l’usine. Conduit au commissariat de police, il donne le nom de son vendeur.
Le 25 octobre 1943, André Morand est arrêté par la police et conduit à la maison d’arrêt Saint Paul. Le 8 décembre 1943, par la section spéciale près de la cour d’appel de Lyon, il est jugé et condamné à un an de prison pour « détention d’armes et de munitions commis courant septembre et octobre 1943. ». S’il reconnaît avoir fourni l’arme, il nie formellement concernant l’existence d’une pseudo boite de 25 cartouches.
Le 17 novembre, le directeur de la société Bronzavia intercède auprès du procureur de l’État français pour qu’il fasse libérer André Morand. Se défendant d’intervenir dans une décision de justice, le directeur souligne le besoin impérieux de récupérer un ouvrier qualifié pour répondre à ses impératifs de production. Il précise que son ouvrier est travailleur et qu’il ne lui a jamais apparu se mêler de politique et avoir des idées extrémistes.
Malgré tout, le 12 janvier 1944 il est écroué à la maison centrale d’Eysses sous le matricule 2 892.
Apparemment la demande de remise de peine a dû suivre son cours puisque le 13 mars 1944, Émilie Morand certifie vouloir héberger son mari à sa sortie de prison et le directeur de la société Bronzavia s’engage à réembaucher André dans son usine en qualité de mécanicien.
Par décret en date du 14 mars, André Morand bénéficie d’une remise du reste de sa peine avec 5 ans de mise à l’épreuve. Le 21 mars 1944, il est libéré de la maison centrale d’Eysses et réintègre le foyer familial. En l’absence de dossiers le concernant au SHD à Vincennes ou au DAVCC à Caen, on peut supposer qu’il n’a pas eu d’activités résistantes une fois de retour à la vie civile.
Le 22 septembre 1985, André Morand décède à l’hôpital Sainte Croix, 8, rue Radisson à Lyon. Son épouse décèdera le 17 novembre 1992 à l’hôpital Grange Blanche.