Maurice MAUBLANC
Service historique de la Défense, Vincennes
  • Informations
    • Nom : MAUBLANC
    • Prénom(s) : Maurice
  • Etat civil
    • Date de naissance : 01/02/1917
    • Ville de naissance : Sagy
    • Département de naissance : Saône-et-Loire
    • Pays de naissance : France
    • Profession avant guerre :
      - chef d’atelier
    • Date de décès : 17/04/1998
    • Lieu de décès : Dijon (Cote d’Or)
  • Arrestation et condamnation
    • Date d'arrestation : 03/06/1943
    • Lieu d'arrestation : ?
    • Département d'arrestation : ?
    • Parcours carcéral :
      - ?
      - Eysses
      - Compiègne
  • Eysses
    • Numéro d'écrou à Eysses : 625
    • Motif de la levée d'écrou : Remis aux autorités allemandes
    • Date de la levée d'écrou : 30/05/1944
  • Déportation
    • Déporté
    • Lieu de départ : Compiègne
    • Date de départ : 18/06/1944
    • Parcours concentrationnaire :
      - Dachau
      - Allach (Kdo Dachau)
    • Matricule : 73735
    • Situation en 1945 : Libéré
    • Date : 30/04/1945
    • Lieu : Allach

Maurice MAUBLANC

Par : Roland Tatreaux

René, Maurice, Eugène Maublanc est né le 1er février 1917 à Sagy (Saône-et-Loire). Il est le fils de Philibert, cultivateur et Rosalie Jaillet, cultivatrice. Il est le cadet d’une fratrie de quatre enfants.
De 1931 à 1936, il est élève à l’école militaire préparatoire d’Autun (Saône-et-Loire). En 1937, appelé pour son service national, il sert dans un Régiment d’Artillerie de Défense Contre Aéronefs (RADCA). 

Quand les Allemands envahissent la France, il est chef cantonnier, conducteur de chantiers au service des Ponts-et-Chaussées du Jura, à Lons-le-Saunier, 43 avenue Camille Prost.

En juillet 1942, recruté par Henri Coulon, alias Camille, il rejoint le mouvement Combat sous les ordres de Marius Rodot, pseudo Jean-Louis, chef du secteur de Beaufort (Jura).

Le 1er janvier 1943, Maurice Maublanc s’engage dans l’Armée secrète (AS). Il prend le pseudo de Mastic. Il est nommé par Henri Coulon, adjoint au chef de secteur Marius Rodot, chef d’une trentaine. Marius Rodot en chapote cinq (150 hommes). Maurice Maublanc a en charge l’organisation la formation des hommes de sa trentaine qu’il a découpée en cinq sixaines de mitrailleurs, chauffeurs, dynamiteurs et chargés de protection. Il procède aussi à des repérages de divers terrains pour atterrissages et parachutages clandestins et a des liaisons avec les secteurs voisins de Lons-le-Saunier (Jura), Orgelet (Jura) et Cuiseaux (Saône-et-Loire).

En septembre 1942, il était intervenu sur un tel parachutage allié pour récupérer, transporter, mettre en lieux sûrs armes, explosifs et autres matériels avant de les dispatcher sur le secteur de Beaufort où les secteurs avoisinants de Lons-le-Saunier, Orgelet ou Cuiseaux. Il réitérera de nouveau sur ce type de mission en mars 1943.

Quand Henri Coulon doit se cacher suite à de nombreuses arrestations de la part de la Gestapo, c’est René Maublanc qui le remplace.

Le 2 juin 1943, alors qu’à bicyclettes il transporte des explosifs du secteur de Beaufort à celui voisin de Frangy, il est arrêté par les gendarmes de la brigade de Beaurepaire avec Henri Coulon, Albert Gentet et Roland Foras. Alors que Gentet et Foras sont conduit à Lons-le-Saunier, Coulon et Maublanc faussent compagnie à leurs gardiens. Maublanc se fait reprendre le lendemain, au petit matin, par les gendarmes de la gendarmerie de Beaufort sur les indications de ceux de Beaurepaire alors qu’il rejoint son domicile.

Il est conduit à la maison d’arrêt de Lons-le-Saunier, le 23 août à celle de Saint Paul à Lyon (matricule 9 793) où les 18 et 19 octobre 1943, il comparait devant la section spéciale près de la Cour d’appel de Lyon pour y être jugé. Le 19, il est condamné pour « détention et transport d’armes et d’explosifs d’origine anglaise » à 7 ans de réclusion. Le 11 novembre 1943, il est écroué à la centrale d’Eysses sous le numéro d’écrou 625 au préau n° 4.

Il aurait participé, le 9 décembre 1943, en tant que responsable militaire de 6 personnes au préau n° 4 avec Régnier, à l’action contre les gardes-mobiles afin d’empêcher les camarades internés d’être déportés.

Le 30 mai 1944, il est remis aux autorités allemandes et transféré à Compiègne d’où il est déporté, le 18 juin, au camp de concentration de Dachau. Il y arrive le 21 et est immatriculé 73 735. Le 4 juillet 1944, il est affecté au kommando d’Allach où il loge aux Block 5-11-12-15.

Là, il est employé à l’usine BMW, fabricant de moteurs d’avions, comme manœuvre, tourneur puis contrôleur.

Le 30 avril 1945, le camp est libéré suite à l’avance de la 7e armée américaine, mais Maublanc est maintenu au camp suite à une épidémie de typhus. Ce n’est que le 30 mai 1945 qu’il est rapatrié en France, via Reichenau, Constance, la Suisse, Strasbourg, Dijon, Dole, Lons-le-Saunier. Ce sont ses collègues des Ponts-et-Chaussées du Jura qui le véhiculent de Lons-le-Saunier à son domicile de Beaufort où il retrouve sa mère.

Il reprendra son travail aux Ponts-et-Chaussées, convolera en justes noces et aura une fille, avant de s’éteindre à 81 ans, le 17 avril 1998 à Dijon.

René Maublanc est titulaire d’un certificat de validation des services, campagnes et blessures, délivré le 2 mars 1953. Il est reconnu comme déporté résistant, carte n° 1.016.10857, pour une période d’internement allant du 3 juin 1943 au 18 juin 1944 et de déportation du 19 juin 1944 au 29 mai 1945 et considéré comme blessé le 19 juin 1944 (en date du 11 juin 1952). Il est aussi titulaire d’un certificat d’appartenance aux FFI du Jura, Corps franc du secteur de Beaufort, pour la période du 1er janvier au 3 juin 1943, en date du 11 juin 1948. Son grade de lieutenant a été homologué par la commission ad hoc en date du 28 janvier 1947 avec prise de rang le 1er mars 1943. Titulaire de la carte des CVR n° 043950

Sources

  • Service historique de la Défense - Vincennes : 16P 404516
  • Service historique de la Défense - DAVCC Caen : 21 P 594 407
  • Archives départementales du Lot-et-Garonne : 940W118

Album photos