Antoine Édouard Laval est né le 11 août 1894 dans une famille de petits paysans, à Meyraguet, hameau de la commune de Lacave, dans le Lot (46).
Mobilisé le 5 septembre 1914, il est affecté, à compter du 2 juin 1915, au 176? régiment d’infanterie de l’armée d’Orient, puis, à partir du 21 janvier 1916, au 175? régiment d’infanterie. Le 19 septembre 1916, lors du combat de Pétorak, en Macédoine, il est grièvement blessé au visage. Malgré cela, il continue à combattre. Il perd l’œil droit et reçoit la Médaille militaire ainsi que la Croix de guerre avec palme.
Après la guerre, mutilé et devenu une « gueule cassée », il reprend son métier de forgeron-mécanicien au Pigeon, sur la commune de Saint-Sozy, qui deviendra plus tard la commune de Mayrac.
Dès les premiers jours de 1940, il entre dans la Résistance sous le nom de Dupré, et ce malgré le pacte germano-soviétique.
Le 8 mai 1943, il est arrêté par la police judiciaire de Limoges. Le 15 juillet 1943, il est condamné par la section spéciale d’Agen à un an de prison pour « détention et distribution de tracts communistes ». Il effectue deux mois de détention préventive à Cahors avant son jugement, puis trois mois à la prison d’Agen, où il rencontre Robert Camp, et enfin sept mois à la centrale d’Eysses sous le numéro d’écrou 2248. À Eysses, il retrouve son jeune ami Robert Camp.
Le 18 mai 1944, il est transféré au camp de Saint-Sulpice-la-Pointe puis à la maison d'arrêt de Gaillac d'où il est libéré par le maquis du Tarn dans la nuit du 12 au 13 juin 1944.
Dès sa libération, il reprend immédiatement son activité résistante. Il est alors nommé président du Comité départemental de la Libération du Lot par ses membres.
Par la suite, il poursuit son métier de forgeron-mécanicien tout en exerçant diverses responsabilités politiques : vice-président du conseil général du Lot, adjoint au maire de Saint-Sozy, conseiller général de Souillac, et deuxième sur la liste du Parti communiste conduite par Thamier. Il préside également la délégation spéciale chargée d’administrer la nouvelle commune de Mayrac, à la création de laquelle il a contribué.
Le 14 avril 1951, il reçoit la médaille de la Reconnaissance française.
À partir de 1949, il ne détient plus de mandat politique. En 1960, la République refuse toutefois, sous des prétextes qu’il juge fallacieux, de lui accorder la gérance du débit de tabac du Pigeon, qu’il souhaitait reprendre après le décès de sa belle-mère, qui en était la tenancière. Il estime alors que son honneur est entaché, les mutilés de guerre bénéficiant pourtant d’une priorité pour l’attribution des débits de tabac.
Il décède le 12 février 1963 d’une crise cardiaque, alors qu’il revenait d’une sommation des contributions indirectes à Cahors visant à établir un procès-verbal à son encontre au sujet de ce même débit de tabac.