Fils d’Edmond Laussel et de Marie-Louise Loubère, André Marcel Edmond Laussel naît le 30 janvier 1925 à Bédarieux (Hérault). Orphelin de père dès l’âge de 18 mois, il connaît très tôt les épreuves de la vie.
En 1940, alors qu’il n’a que 15 ans, il rejoint la Résistance à Toulouse. Avec d’autres élèves du collège Saint-Jude, il fonde le groupe clandestin de la « Légion gaulliste ». En février 1941, sous le pseudonyme de « Duroc », il adhère au mouvement Combat avec quatorze camarades. Sa mission consiste d’abord à organiser un réseau de propagande et d’information, puis, à partir d’avril 1941, il est affecté au service de renseignements.
Durant l’été 1942, on lui confie une tâche particulièrement risquée : infiltrer des organisations nazies, collaborationnistes et miliciennes et notamment la Jeunesse de France et d’Outre -Mer.
En novembre 1942, il rejoint le service de renseignements de l’Armée secrète. En parallèle, il constitue un groupe franc d’action immédiate composé essentiellement d’étudiants.
Intégré à l’état-major clandestin de la 4e région militaire, il participe activement à la structuration des corps francs de libération du secteur 7, Toulouse-Ville, et prend le commandement d’une section.
Le 1er août 1943, quelques jours après avoir exécuté sur ordre un indicateur de la Gestapo, il est arrêté à Toulouse. Incarcéré le 7 août à la prison Saint-Michel, puis transféré à la prison militaire de la place Furgole, il tente en vain de s’évader. Revenu à Saint-Michel, il est jugé le 25 février 1944 par la section spéciale de la cour d’appel de Toulouse pour assassinat, détention et usage d’armes à feu, ainsi qu’activité subversive. Le chef d’inculpation d’atteinte à la sûreté de l’État est abandonné. Il est condamné à 5 ans de travaux forcés.
Une nouvelle tentative d’évasion, le 13 mars 1944, échoue également. Le lendemain, il arrive à la centrale d’Eysses. Le 30 mai 1944, le directeur milicien de la prison, le colonel Schivo, le livre aux SS avec ses co-détenus. Transférés à Compiègne, ils sont déportés à Dachau le 18 juin 1944 où ils arrivent deux jours plus tard.
À Dachau puis au kommando d’Augsbourg, Laussel poursuit son engagement en organisant la solidarité entre déportés et en mettant au point un conseil technique destiné à saboter la production de pièces détachées d’avions Messerschmitt Schwalbe. Il encourage la résistance intérieure et contribue à démasquer les traîtres informant les gardiens SS. Gravement malade, il est libéré par les Américains le 27 avril 1945 et hospitalisé le 1er mai. Il est rapatrié en France le 13 juin 1945.
À son retour, il se met au service de l’armée dans la 5e région militaire et est affecté à la caserne Niel de Toulouse jusqu’au 8 juin 1946. Le 15 octobre 1946, il s’engage de nouveau, cette fois au 6e Régiment de tirailleurs sénégalais, et est envoyé au Maroc. Mais ses séquelles de déportation entraînent de longs congés maladie. En 1956, il est déclaré définitivement inapte au service pour infirmités graves et incurables.
Après une longue convalescence, il reprend ses études et obtient une capacité en droit à l’Institut d’études juridiques et préparations aux affaires. Le 2 juin 1965, il épouse à La Réole Michelle Marguerite Jeantis, fille d’un officier supérieur des tirailleurs. Installé à Lavaur, il devient conseiller juridique et expert agréé auprès des tribunaux, notamment chargé des pensions militaires des anciens résistants, déportés et combattants volontaires. Avec son épouse, il consacre aussi beaucoup de temps à aider des enfants en souffrance, leur offrant un foyer et un soutien affectif.
Élu le 21 avril 1991 président de l’Union départementale des combattants volontaires de la Résistance du Tarn (UDCVR), André Laussel décède le 20 juillet 1991 à Toulouse.
Officier de la Légion d’honneur, il était également titulaire de la Médaille militaire et de la médaille de la Résistance avec rosette.