René KIEFFER
Association Eysses
  • Informations
    • Nom : KIEFFER
    • Prénom(s) : René
  • Etat civil
    • Date de naissance : 01/04/1912
    • Ville de naissance : Schiltigheim
    • Département de naissance : Bas-Rhin
    • Pays de naissance : France
    • Profession avant guerre :
      - électricien
    • Date de décès : 04/03/1958
    • Lieu de décès : Mulhouse (Haut-Rhin)
  • Résistance
    • Organisation(s) de résistance :
      - Noyautage des administrations publiques
    • Pseudonyme : Dupuis
    • Date d'engagement : 1/1/1943
    • Département(s) de résistance : Rhône
  • Arrestation et condamnation
    • Date d'arrestation : 18/6/1943
    • Lieu d'arrestation : Millery
    • Département d'arrestation : Rhône
    • Juridiction de condamnation : Section spéciale - Lyon
    • Date de condamnation : 13/12/1943
    • Motif(s) de condamnation :
      - Détention d'armes et d'explosifs
    • Peine infligée : Réclusion
    • Durée de la peine : 5 ans
    • Parcours carcéral :
      - Lyon (Saint-Paul)
      - Eysses
      - Compiègne
  • Eysses
    • Date d'arrivée à Eysses : 12/01/1944
    • Numéro d'écrou à Eysses : 702
    • Préau ou autre affectation :
      - Préau 1
    • Motif de la levée d'écrou : Remis aux autorités allemandes
    • Date de la levée d'écrou : 30/05/1944
    • Durée de détention : 0 an(s), 4 mois, 18 jour(s)
  • Déportation
    • Déporté
    • Lieu de départ : Compiègne
    • Date de départ : 18/06/1944
    • Parcours concentrationnaire :
      - Dachau
      - Allach (Kdo Dachau)
      - Kempten (Kdo Dachau)
    • Matricule : 73599
    • Situation en 1945 : Libéré
    • Date : 28/04/1945
    • Lieu : Kempten
  • Reconnaissance
    • Statut : Déporté résistant

René KIEFFER

Par : Bertrand Merle

René, Albert Kieffer est né le 1er avril 1912 à Schiltigheim (Bas-Rhin) et mort le 4 mars 1958 à Mulhouse (Haut-Rhin). Il est donc né allemand dans l’Alsace annexée au Reich allemand après le traité de Francfort-sur-Main du 10 mai 1871 à l’issue de la guerre franco-prusienne. Il est le fils de Christophe Kieffer, mécanicien et de Marie-Anne née Muller. La famille habite ensuite à Strasbourg.

En 1932, René Kieffer effectue son service militaire dans le corps des sapeurs-pompiers de Paris où il est affecté à la compagnie de réparation divisionnaire. Après avoir réussi le certificat d’études primaires (CEP), il fait un apprentissage en électricité validée par un CAP et une spécialisation en automobile dans la petite mécanique et l’étalonnage ; il maîtrise l’allemand, indique connaître l’anglais et est titulaire de nombreux permis de conduire (tourisme, poids-lourd, moto). Il est employé à l’EDF à son mariage avec Madeleine Sutter le 14 juin 1938. Le couple habite Soultz (Haut-Rhin) au moment de la déclaration de la guerre

La mobilisation générale voit René Kieffer être rappelé le 24 août 1939 et renvoyé dans ses foyers le 15 septembre 1940. A cette date, l’Alsace est annexée de fait lorsqu’il rentre à la maison. Face au danger d’une incorporation de force dans l’armée allemande, il décide de ne pas rester à Soultz et s’évade à une date qui n’est pas connue. L’itinéraire utilisé passe soit par le massif des hautes Vosges, soit par Belfort. En tout cas son nom ne figure pas dans les registres de la Suisse, autre ligne de passage.

Il se rend à Lyon où il poursuit sa carrière à l’EDF à la société des Forces motrices du Rhône. C’est dans ce cadre professionnel qu’il entre dans la Résistance. Il œuvre au sein du réseau NAP (Noyautage des administrations publiques) pour lequel il s’engage pour la durée de la guerre sous le pseudonyme de Dupuis à compter du 1er janvier 1943. Ce réseau est très actif en 1943 et 1944 et compte près de 1500 agents répertoriés. Il est arrêté par la gendarmerie française à son domicile de Mullery (Rhône) le 24 mai 1943 vers 18h. Il n’y a pas de témoin des faits. Est-ce une forme de dérision ? En tout cas dans son dossier de reconnaissance, il précise que le seul témoin de son arrestation est le « gendarme de Givors qui l’a effectuée » … Il indique aussi que dans son affaire, plusieurs autres personnes sont concernées : Marcel Fuchel, Marcel Bardon, Emile Blatz, Maurice Picard, Marcel Rivière (les orthographes retenues ici sont celles qui figurent dans le dossier de son procès conservé aux archives du Rhône). A-t-il été victime d’une dénonciation ? Il l’affirme sans autre précision.

Après son arrestation, il est incarcéré à la prison Saint-Paul de Lyon à compter du 18 juin 1943 puis jugé le 13 décembre 1943 par la section spéciale du tribunal d’Etat de Lyon. Il est condamné à cinq ans de réclusion pour « détention d’armes et d’explosifs » cachés par le réseau à son domicile. Il est transféré à Eysses où il est écroué le 12 janvier 1944. Le registre d’Eysses n’indique pas qu’il est marié au contraire de son acte de naissance. A la suite de la tentative d'évasion collective, il est remis aux autorités allemandes le 30 mai 1944, transféré à Compiègne le jour même. Il est ensuite déporté à Dachau où il arrive le 28 juin 1944 avant d’être transféré dans des camps annexes à Allach dans la banlieue Munich (juin – novembre 1944) puis Kempten au sud de la Bavière (jusqu’au 28 avril 1945, date de sa libération). Il est reconnu comme blessé de guerre en date du 18 juin 1944.

Ses activités résistantes lui ont valu le grade de sous-lieutenant FFC, de chargé de mission de 3e classe, mais juste de sergent dans la réserve… A son retour de déportation il rentre tout d’abord à Millery, puis à Lyon.  Il indique dans son dossier avoir subi des dommages matériels. Il s’installe ensuite à Soultz où sa première épouse décède en 1947 puis à Mulhouse. Il avait adhéré à l’amicale des anciens détenus patriotes de la centrale d’Eysses dès juillet 1945. En compagnie de sa seconde épouse, il participe au congrès de l’amicale de 1949 qui se déroule à Paris.  Il décède à Mulhouse le 4 mars 1958.

Sources

  • Service historique de la Défense - Vincennes : 16 P 319791
  • Service historique de la Défense - DAVCC Caen : 21 P 579877
  • Archives départementales du Lot-et-Garonne : 940 W 118_0118
  • Association nationale pour la mémoire des résistants emprisonnés à Eysses : dossier René Kieffer

Bibliographie

DVDrom de l’Aéria sous la direction d’Eric Le Normand (personnes) ; Aéri. Paris 2016