Albert HERNOT
DR
  • Informations
    • Nom : HERNOT
    • Prénom(s) : Albert
  • Etat civil
    • Date de naissance : 20/11/1891
    • Ville de naissance : Landerneau
    • Département de naissance : Finistère
    • Pays de naissance : France
    • Profession avant guerre :
      - agent SNCF
      - SNCF
    • Date de décès : 28/03/1945
    • Lieu de décès : Dachau (Allemagne)
  • Arrestation et condamnation
    • Date d'arrestation : ?
    • Lieu d'arrestation : ?
    • Département d'arrestation : ?
    • Motif(s) de condamnation :
      - Activité communiste
    • Parcours carcéral :
      - Lyon
      - Eysses
      - Compiègne
  • Eysses
    • Numéro d'écrou à Eysses : 2374
    • Motif de la levée d'écrou : Remis aux autorités allemandes
    • Date de la levée d'écrou : 30/05/1944
  • Déportation
    • Déporté
    • Lieu de départ : Compiègne
    • Date de départ : 18/06/1944
    • Parcours concentrationnaire :
      - Dachau
    • Matricule : 73560
    • Situation en 1945 : Décédé
    • Date : 28/03/1945
    • Lieu : Dachau

Albert HERNOT

Par : Roland Tatreaux

Albert Hernot est né le 20 novembre 1891 à Landerneau (Finistère). Il est le fils de Guillaume Marie Hernot, peintre, et Anne Marie Morvan. C’est l’aîné d’une fratrie de six enfants.

Le 8 octobre 1912, il est incorporé au 2e dépôt des équipages de la flotte. Il est matelot charpentier de 2e classe. Du 11 mai au 25 septembre 1913, il sert à la mer sur le croiseur Descartes, division des Antilles et de Terre-Neuve, attaché à la station navale de Terre-Neuve, pour surveiller les pêcheries des bancs (défense des intérêts français dans ces parages), et porter secours aux pêcheurs en détresse. Pendant cette période, le croiseur Descartes fut envoyé à Montréal pour participer aux réjouissances entourant la fête nationale du 14 juillet.
Le 2 août 1914, quand sonne le tocsin, il est maintenu sur le Descartes qui patrouille dans les eaux antillaises. Le 16 décembre 1915, il met pied à terre et rejoint le 2e dépôt des équipages de la flotte à Brest via le 4e de Rochefort. Il sert à nouveau à la mer du 17 mars 1916 au 4 avril 1917 et du 28 octobre 1917 au 10 septembre 1918.

Le 9 novembre 1918, à Landerneau, Albert Hernot convole en justes noces avec Marguerite Jeanne Cam.

Il est démobilisé le 9 août 1919 et se retire au domicile conjugal, 14, place Saint Thomas à Landerneau. C’est là, qu’en en 1919, son premier fils Gilbert Pierre voit le jour, suivi en 1922 par son frère Joseph Hervé Marie.

En 1923, il travaille à l’usine Dior (engrais, phosphates) de Landerneau puis, en 1924, il entre comme ouvrier charron à la Compagnie du PO (Paris-Orléans). De 1924 à 1929, il réside Avenue Fromenteau à Savigny-sur-Orge (ex Seine-et-Oise aujourd’hui Essonne), de 1929 à 1936 Place Grégoire Bordillon à Angers (Maine-et-Loire), puis de 1936 à 1940 avenue Jules Guesde à Athis-Mons (ex Seine-et-Oise aujourd’hui Essonne). Le 1er janvier 1938, la Compagnie du PO sera l’une des 5 grandes compagnies ferroviaires privées du pays à rejoindre le Réseau de l'État, donnant naissance à la SNCF.

Albert Hernot est un militant communiste et syndicaliste. Aux élections législatives du 11 mai 1924, il est candidat sur une liste communiste (dite du bloc ouvrier et paysan) du Finistère. Il capitalise 4 472 voix sur son nom, loin des 60 742 voix requises (moyenne des voix des 10 élus) pour être qualifié.

En 1927, il fonde la section syndicale CGT de la gare de Juvisy PO (Juvisy-sur-Orge, ex Seine-et-Oise aujourd’hui Essonne). À l’AG du 8 janvier 1929, Albert Hernot est élu au poste d’archiviste de la section des cheminots unitaires de Juvisy (secrétaire Robert Verna). C’est pourtant lui qui présente le rapport moral et financier mais on apprend qu’il a été perquisitionné et qu’il craint des suites judiciaires d’où peut-être cette mise en retrait à un poste moins exposé.

Une élection partielle, en juin 1936, lui permet d’entrer au conseil municipal d’Athis-Mons, et en 1939, il est secrétaire du syndicat confédéré des cheminots de Juvisy.

Arrêté par la police française le 9 ou 10 février 1940 comme ex-secrétaire du syndicat CGT des cheminots de Juvisy, il est interné aux camps de Baillet (dans le Val-d’Oise jusqu’au 29 avril), de l’île d’Yeu (en Vendée du 30 avril au 16 août), Saint-Angeau (dans le Cantal jusqu’en février 1941), Saint-Paul-d'Eyjeaux (en Haute-Vienne jusqu’en janvier 1942). Transféré en raison de son état de santé, en ce début d’année 1942, il est interné au sanatorium surveillé de La Guiche, en Saône-et-Loire.

Son transfert devant la section spéciale près de la cour d’appel de Lyon découle de l'arrestation de Maxime Pionnier arrêté le 4 mai 1943, à son domicile de Saint-Gengoux-le-National (Saône-et-Loire), au cours d’une perquisition menée par des policiers du service régional de police de sûreté à Lyon, incluse dans des opérations d’ensemble effectuées sur mandat du préfet régional de Lyon. On retrouve à son domicile des tracts et de la documentation communiste. Lors de son interrogatoire, Maxime Pionnier déclare être l’ancien secrétaire de la cellule communiste de La Guiche (Saône-et-Loire) et chargé de faire la liaison entre le camp d’internés au sanatorium surveillé de La Guiche et la direction FTP de Saône-et-Loire. Là, il dit être en contact avec un dénommé Albert Hernot.

Le 26 juillet 1943, il comparait donc devant la section spéciale près de la cour d’appel de Lyon qui le condamne pour « avoir déployé une activité et détenu sciemment des écrits, tendant à propager les mots d’ordre de la IIIe internationale communiste, ou d’organisme s’y rattachant. » à deux ans de prison. Le 15 octobre 1943, il est écroué à la centrale d’Eysses sous le numéro d’écrou n° 2 374 au préau n° 4. Le 30 mai 1944, il est remis aux autorités allemandes et transféré à Compiègne d’où, le 18 juin, il est déporté au camp de concentration de Dachau sous le matricule 73 560 block 29, puis affecté au kommando d’Allach. Malade, il est admis à l’infirmerie du camp où il décédé le 28 mars 1945.

Albert Hernot est titulaire du certificat d’appartenance aux FFI délivré le 22 février 1951, pour la période allant du 9 décembre1943 au 30 mai 1944, au titre du bataillon FFI de la centrale d’Eysses.

Albert Hernot est reconnu au titre de déporté politique en date du 15 avril 1957, carte n° 110123164 pour une période d’internement allant du 16 juin 1940 au 19 juin 1944, et une période de déportation du 20 juin 1944 au 28 mars 1945.

Sources

  • Service historique de la Défense - Vincennes : 16P 291836
  • Service historique de la Défense - DAVCC Caen : 21P 462 811
  • Archives départementales du Lot-et-Garonne : 940W114
  • Archives départementales du Finistère : registres matricules, Classe 1911, Bureau de Brest n° 1501 à 2000. Images 158-159 / 736
  • Autre(s) source(s) : « Le Courrier du Finistère » n° 2 310 du samedi 24 mai 1924