Raymond (Jean) FILHOL
Pôle mémoire Agen
  • Informations
    • Nom : FILHOL
    • Prénom(s) : Raymond (Jean)
  • Etat civil
    • Date de naissance : 29/09/1898
    • Ville de naissance : Fumel
    • Département de naissance : Lot-et-Garonne
    • Pays de naissance : France
    • Profession avant guerre :
      - instituteur
    • Date de décès : 11/02/2004
    • Lieu de décès : Agen (Lot-et-Garonne)
  • Arrestation et condamnation
    • Date d'arrestation : 5/10/1942
    • Lieu d'arrestation : Prayssas
    • Département d'arrestation : Lot
    • Motif(s) de condamnation :
      - Activité communiste
    • Parcours carcéral :
      - Toulouse (Saint-Michel)
      - Agen
      - Eysses
      - Blois
      - Compiègne
  • Eysses
    • Numéro d'écrou à Eysses : 1691
    • Motif de la levée d'écrou : Transféré
    • Date de la levée d'écrou : 13/05/1944
    • Destination de la levée d'écrou : Blois
  • Déportation
    • Déporté
    • Lieu de départ : Compiègne
    • Date de départ : 02/07/1944
    • Parcours concentrationnaire :
      - Dachau
      - Neckarelz (Kdo Natzweiler)
      - Neckargerach (Kdo Natzweiler)
      - Osterburcken
    • Matricule : 77724
    • Situation en 1945 : Libéré
    • Date : 03/04/1945
    • Lieu : Osterbrucken

Raymond (Jean) FILHOL

Par : François Frimaudeau

Né à Fumel en 1898, René Filhol est nommé instituteur à Salles (Lot-et-Garonne) à partir de 1926. Membre du Parti communiste depuis 1920, il est candidat au conseil général dans le canton de Monflanquin en octobre 1937. Mobilisé en 1939 à l’arsenal de Toulouse, il est démobilisé et revient dans le Lot-et-Garonne, où il reprend son métier d’éducateur. Mais en février 1940, il est suspendu par le préfet en raison de ses positions politiques. Un temps employé de commerce à la librairie Thomas à Agen, il est réintégré dans l'Éducation nationale en octobre 1941 et nommé successivement à Hautesvignes, Lausseignan, puis à Prayssas en octobre 1942.

Dès le début de 1940, il s’oppose activement au régime de Vichy : il fait de la propagande, rédige, imprime et diffuse des tracts. Il participe à la reconstitution du Parti communiste à Salles et dans la région de Fumel. Sous la direction d’Omer Bouchet et de Robert Godefroy, il est chargé de créer des groupes clandestins. À partir de juillet 1941, il est l’un des fondateurs du Front national de lutte pour la libération et l’indépendance de la France en Lot-et-Garonne, aux côtés de Gérard Duprat et Gérard Duvergé.

En janvier 1942, il est nommé responsable du Parti communiste pour le Lot-et-Garonne et le Gers. En juillet 1942, il reçoit la mission de créer les FTPF (Francs-tireurs et partisans français) dans le département. En septembre 1942, plusieurs responsables du Front national sont arrêtés à la suite de la manifestation du 21 septembre, connue sous le nom de « Journée de Valmy ». Alors en poste à l’école de Prayssas, René Filhol est arrêté le 5 octobre 1942 par la 8e brigade de police de Toulouse. Il est emprisonné à Agen, puis à Toulouse, du 10 octobre 1942 au 15 février 1943. À la prison militaire de Toulouse (Furgole), il participe à une manifestation organisée lors de l’arrivée du général de Lattre de Tassigny.

Transféré à Agen, il est condamné en mars 1943 à quatre ans de prison par la section spéciale près la cour d’appel d’Agen pour reconstitution de groupes communistes. Il arrive à la centrale d’Eysses (matricule 169) le 30 mai 1943. Il y est responsable, avec Gaston Cavaillé, du magasin de vivres, dont ils assurent le contrôle au profit du bataillon d’Eysses, en vue d’une tentative d’évasion. René Filhol participe, avec le groupe Coste, aux manifestations des 9, 10 et 11 décembre 1943, destinées à empêcher le départ des internés administratifs vers la zone occupée.

Membre de l’organisation militaire clandestine, il prend part, le 19 février 1944, à la révolte de la prison : il distribue notamment des vivres à tous les groupes de mutins. Placé au quartier cellulaire, avec soixante détenus – dont douze seront fusillés – il fait partie des vingt prisonniers désignés pour la répression par Joseph Darnand.

Transféré à la prison de Blois en mai 1944, puis à Compiègne en juin, il est déporté le 2 juillet 1944 au camp de Dachau, où il reçoit le matricule 77 724. Il est ensuite affecté aux kommandos de Neckarelz et Neckargerach (matricule 21 955). Son épouse, Marguerite, qui tenait un magasin de chaussures à Fumel, est également arrêtée et déportée au camp de Ravensbrück, où elle ne survivra pas. René Filhol est libéré le 3 avril 1945 par l’armée américaine à Osterburcken, en Bade-Wurtemberg. Hospitalisé du 10 au 26 avril 1945, il est rapatrié en France et arrive à Agen le 18 mai 1945.

Il reprend son métier d’enseignant, fonde l’association des déportés et internés résistants dans le Lot-et-Garonne, contribue à l’érection du monument aux déportés de Lacapelle-Biron, au concours de la Résistance, ainsi qu’à la création du musée départemental de la Résistance et de la Déportation. Il est président, puis président d’honneur, de l’Amicale des vétérans du Parti communiste français du Lot-et-Garonne.

René Filhol s’éteint en 2004 à Agen, dans sa 106e année.

Sources

  • Service historique de la Défense - DAVCC Caen : 21 P 645 699
  • Service historique de la Défense - Vincennes : 16 P 223 7 45
  • Archives départementales du Lot-et-Garonne : 940 W 113
  • Archives privées : témoignage de son fils Pierre, responsable d'une association départementale de déportés, recueilli par Pierre Robin en juin 1995.

Bibliographie

Robin (P.), Glayroux (A.), Mémoires et Traditions ouvrières. Contribution à l’histoire du syndicalisme en Lot-et-Garonne. Tome II, UD-CGT Lot-et-Garonne, 1999

Album photos