Léon Dugowson naît le 9 février 1921 à Paris (XIIe arrondissement). Il est le fils de Charles Dugowson et de Sarah Rabinovitch, Juifs immigrés venus au début des années 1920 de Wilno (Pologne), aujourd’hui Vilnius, capitale de la Lituanie. Il obtient la nationalité française à l’âge de six ans, en septembre 1927.
Installé à Saint-Quentin (Aisne), il travaille, après sa scolarité, aux côtés de ses parents, commerçants forains en bonneterie. En mai 1940, lors de l’exode, Léon et sa famille — six personnes entassées dans une modeste voiture — quittent Saint-Quentin. Après de nombreux déplacements difficiles, ils reviennent en 1941 à Paris où ils retrouvent des proches.
Pour échapper aux persécutions antisémites, surtout après la « rafle du billet vert » du 14 mai 1941, Léon et son père franchissent la ligne de démarcation et gagnent Neuvic-d’Ussel, en Corrèze, située en « zone libre » à cette époque. Ils pensent alors que seuls les hommes adultes sont menacés. Une partie importante de la famille, restée à Paris, est déportée et assassinée à Auschwitz. À Neuvic, Léon travaille comme manœuvre à la société Forclum du 21 septembre 1942 au 23 juin 1943.
À cette période, il entre en contact avec des résistants locaux, membres des mouvements unis de Résistance (MUR)., notamment Léon Monéger et Jean Bertrandy. À l’été 1943, il rejoint le camp-maquis de l'Armée secrète (AS) de La Bessette. Le 19 novembre 1943, ce camp est encerclé par un détachement de gendarmes dirigés par le lieutenant Lacamoire, connu pour sa collaboration zélée. Léon est arrêté avec quatre compagnons : Jean Charles, Jagour, Coudert et André Thieffry.
Les prisonniers subissent un interrogatoire à la gendarmerie d’Ussel, puis sont transférés à la prison de Tulle, avant celle de Limoges. Le 6 mars 1944, un tribunal spécial condamne Léon Dugowson et ses compagnons à cinq ou sept ans de réclusion. Le 13 mars 1944, ils sont transférés à la maison centrale d’Eysses, où Léon reçoit le matricule 808. Le 30 mai 1944, il est livré avec ses-codétenus aux Allemands, transféré à Compiègne, puis déporté à Dachau (matricule 73.390). De là, il est dirigé vers le camp de Flossenbürg, où il figure sur le mémorial établi par l’Amicale de Flossenbürg sous le matricule 20621. Il est affecté au kommando de Hersbruck (forage de tunnels pour Siemens). C’est dans ce kommando que Léon Dugowson meurt le 5 novembre 1944.
En novembre 1960, le ministère des Anciens combattants certifie officiellement qu’il est « Mort pour la France ».