Michel DI MASSIMO
Association Eysses
  • Informations
    • Nom : DI MASSIMO
    • Prénom(s) : Michel
  • Etat civil
    • Date de naissance : 25/05/1923
    • Ville de naissance : Rocca-di-Mezzo
    • Pays de naissance : Italie
    • Profession avant guerre :
      - ouvrier agricole
    • Date de décès : 21/11/2023
    • Lieu de décès : Saint-Ambroix (Gard)
  • Arrestation et condamnation
    • Date d'arrestation : 27/11/1943
    • Lieu d'arrestation : ?
    • Département d'arrestation : Charente
    • Parcours carcéral :
      - Limoges
      - Eysses
      - Compiègne
  • Eysses
    • Numéro d'écrou à Eysses : 818
    • Motif de la levée d'écrou : Remis aux autorités allemandes
    • Date de la levée d'écrou : 30/05/1944
  • Déportation
    • Déporté
    • Lieu de départ : Compiègne
    • Date de départ : 18/06/1944
    • Parcours concentrationnaire :
      - Dachau
      - Allach (Kdo Dachau)
      - Landsberg (Kdo Dachau)
    • Matricule : 73369
    • Situation en 1945 : Libéré
    • Date : 27/04/1945
    • Lieu : Landsberg

Michel DI MASSIMO

Par : André Francisco

Né à Rocca di Mezzo, dans la région des Abruzzes (Italie), Nunzio est le dernier enfant d’une fratrie de treize. Son père, Edouardo, part travailler en France ; il est élevé par sa mère et son grand-père, dans un climat de haine du fascisme. Au milieu des années 1930, il rejoint son père en France pour travailler dans la région lyonnaise à l’installation de câbles téléphoniques.

En 1942, il décide de prendre le maquis et tente de rejoindre un groupe de résistants. Mais il parle mal le français, les réseaux ne sont pas encore bien structurés, et les contacts sont difficiles à établir. Début 1943, il est orienté « sur recommandation » vers la région de Limoges, où il rejoint en novembre le maquis de Cussac (Haute-Vienne), puis le maquis AS du Moulin-de-Cros, dans les Charentes. Il y rencontre Jean Denis, qui deviendra son ami et avec qui il partagera le même parcours concentrationnaire. C’est à cette époque qu’il adopte le pseudonyme Michel, prénom qu’il conservera définitivement.

Arrêté sur dénonciation le 27 novembre 1943 par les Gardes mobiles de réserve (GMR), il est condamné le 21 février 1944 à cinq ans de réclusion par la section spéciale du tribunal de Limoges pour « manifestation antigouvernementale, détention d’arme à feu et vol ». Le 13 mars 1944, il est transféré à la centrale d’Eysses (écrou n° 818) : « C’est là que j’ai appris à jouer aux échecs avec Georges Charpak, qui deviendra prix Nobel de physique. »

Le 30 mai 1944, il est remis aux autorités allemandes et déporté le 18 juin depuis le camp de rassemblement de Compiègne-Royallieu vers le camp de concentration de Dachau. À son arrivée, le matricule 73 369 lui est attribué. Après la quarantaine, le 14 juillet, il est transféré au Kommando d’Allach, en transitant par Landsberg. Il y arrive le 15 avril 1945, avant d’être libéré le 30 avril par les troupes américaines. Placé en quarantaine (en raison du risque d’épidémies de typhus et de tuberculose), il regagne sa famille à Brignais, près de Lyon, début juin, accueilli par la sonnerie des cloches du village.

En 1947, il retourne en Italie pour épouser Lucille Uccelli, fille d’un colonel farouchement opposé au régime fasciste. De cette union naîtront cinq enfants, treize petits-enfants et huit arrière-petits-enfants. En 1948, il obtient la nationalité française. La famille s’installe à Saint-Ambroix, dans le Gard, où Nunzio Michel s’investit activement dans la vie associative locale. Son épouse Lucille, professeur de mathématiques et de latin, devient en 1977 directrice du collège Saint-Joseph de la commune. Elle y encourage un jumelage avec un établissement allemand : « Pour Nunzio, l’amitié franco-allemande était très importante. Il n’a jamais eu de haine. » Comme beaucoup de déportés, il parle très peu de son expérience : « Mon ami Jean Denis a beaucoup parlé de ça. Moi, jamais. Je n’ai rien dit aux enfants. Cette souffrance, c’est ma vie. Je ne voulais pas leur imposer ça. Cette histoire, ce n’est pas “mon” histoire, mais l’histoire de nous tous. » Il est fait chevalier de la Légion d’honneur le 18 juin 2015.

Nunzio Michel s’éteint le 22 novembre 2023 à Saint-Ambroix, à l’âge de 100 ans. Lui à qui un médecin avait prédit qu’il ne dépasserait pas les 25 ans, nous laisse une inoubliable leçon de vie.

Sources

  • Service historique de la Défense - DAVCC Caen : 21P 635343
  • Service historique de la Défense - Vincennes : 16P 185776
  • Archives départementales du Lot-et-Garonne : 940W118

Liens externes

https://www.memoresist.org/resistant/nunzio-di-massimo/

Album photos

Michel Di Massimo