Pierre Joseph Desmedt naît en 1914 à Bousbecque, dans le Nord, de parents belges. En 1940-1941, il exerce la profession d’employé de transport à Toulouse.
Mobilisé le 27 août 1939, il participe à la campagne de France et combat en Belgique, dans la région de Namur. Lors de la bataille de Dunkerque, à la fin du mois de mai 1940, il est évacué vers l’Angleterre le 31 mai. Renvoyé en France « le 2 juin par Cherbourg », il « monte vers la Seine » avec son unité, avant que celle-ci ne se replie. Fait prisonnier par l’armée allemande, il parvient toutefois à s’évader.
En juillet 1940, il tente sans succès de rejoindre le général de Gaulle. Il travaille ensuite au parc automobile militaire de Toulouse, où sont préparés les véhicules destinés à être livrés aux Allemands. Il affirme y avoir saboté tous « les véhicules passés entre ses mains ».
Démobilisé à Toulouse en août 1941, il est recruté le mois suivant par le groupe de Résistance dirigé par Pierre Bertaux, en qualité d’agent de liaison. Il participe à des opérations de réception de matériel et de personnel, et se trouve notamment présent lors d’un parachutage d’armes à Fonsorbes, près de Toulouse, en octobre ou novembre 1941.
Chargé de mission de 2e classe, agent P2, il est envoyé à Agen, où il est arrêté le 9 décembre 1941 par la Sûreté du territoire. Il séjournait alors à l’hôtel Regina, dans l’attente de la réception d’un parachutage qui n’a finalement pas lieu.
Le 31 juillet 1942, le tribunal militaire de la 17e région militaire de Toulouse le condamne à cinq ans de travaux forcés et à cinq ans d’interdiction de séjour, pour « participation à une entreprise de démoralisation de la nation ayant pour objet de nuire à la défense nationale ».
Il est d’abord emprisonné à Agen, puis successivement dans les prisons militaires de Toulouse et de Lodève, au camp militaire de Mauzac, puis à la prison de Mende, où il est détenu du 15 décembre 1942 au 15 octobre 1943.
Le 15 octobre 1943, il est incarcéré à la maison centrale d’Eysses, sous le numéro d’écrou 494. L’Étape, œuvre de relèvement des détenus méritants située à Sénas, dans les Bouches-du-Rhône, sollicite alors une suspension de l’exécution du jugement en sa faveur. Desmedt y est décrit comme « recommandé par un père jésuite qui le suit avec intérêt depuis sa détention », et comme un homme « profondément religieux », ayant effectué deux ans de scolasticat chez les pères franciscains. Le directeur de la centrale d’Eysses émet cependant un avis défavorable, « en raison des faits qui ont motivé sa condamnation ».
Le 30 mai 1944, il est livré aux Allemands avec la quasi-totalité des détenus d’Eysses. Déporté le 18 juin 1944 à Dachau, où il reçoit le matricule 73359, il est ensuite affecté au kommando d’Allach. Il est libéré en mai 1945.
Pierre Joseph Desmedt meurt en 2005 à Tourcoing, dans le Nord.