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  • Informations
    • Nom : DANIEL
    • Prénom(s) : Pierre Alfred Gabriel
  • Etat civil
    • Date de naissance : 24/03/1900
    • Ville de naissance : La Boissières d'Ans
    • Département de naissance : Dordogne 
    • Pays de naissance : France
    • Profession avant guerre :
      - électricien
    • Date de décès : 29/04/1945
    • Lieu de décès : Dachau (Allemagne)
  • Résistance
    • Organisation(s) de résistance :
      - FTP
    • Date d'engagement : 1/6/1943
    • Département(s) de résistance : Dordogne
  • Arrestation et condamnation
    • Date d'arrestation : 18/8/1943
    • Lieu d'arrestation : Périgueux
    • Département d'arrestation : Dordogne
    • Juridiction de condamnation : Section spéciale - Limoges
    • Date de condamnation : 24/01/1944
    • Motif(s) de condamnation :
      - Infraction à la loi du 5 juin 1943 réprimant les activités communistes anarchistes terroristes ou subversives
    • Peine infligée : Prison
    • Durée de la peine : 2 ans
    • Parcours carcéral :
      - Limoges
      - Eysses
      - Compiègne
  • Eysses
    • Date d'arrivée à Eysses : 27/01/1944
    • Numéro d'écrou à Eysses : 2946
    • Motif de la levée d'écrou : Remis aux autorités allemandes
    • Date de la levée d'écrou : 30/05/1944
    • Durée de détention : 0 an(s), 4 mois, 3 jour(s)
  • Déportation
    • Déporté
    • Lieu de départ : Compiègne
    • Date de départ : 18/06/1944
    • Parcours concentrationnaire :
      - Dachau
    • Matricule : 73321
    • Situation en 1945 : Décédé
    • Date : 29/04/1945
    • Lieu : Dachau

Pierre Alfred Gabriel DANIEL

Par : Jean-Paul Bedoin

Pierre, fils de Daniel Etienne, percepteur à Cubjac et de Marguerite Pouchard, est né le 24 mars 1900 au lieu-dit La Barge, commune de La Boissière-d’Ans (Dordogne).

Pierre est incorporé le 15 mars 1920 au 2e Régiment d’Observation et passe, le 21 mai 1920 au 1er groupe d’aviation (10e SOA - Section d'Ouvriers d'Aviation, unité technique et logistique de l'Aéronautique militaire française stationnée à Paris au cours des années 1920). Mis en congé le 4 mars 1922, il se retire à La Boissière-d’Ans.

Le 27 octobre 1928, Pierre qui est électricien, épouse à Périgueux Marie Laguionie, fille de Pierre et de Marie Château, née à Périgueux le 31 janvier 1910, avec laquelle il a deux enfants, Jean, dit Guy, né le 18 octobre 1929 et Ginette, née le 16 mai 1933.

Pierre est rappelé à l’activité le 27 août 1939 et affecté au bataillon de l’air 109, basé à Tours. Affecté spécial au titre de l’entreprise industrielle à Paris pour une durée de trois mois, il est de retour en Périgord le 29 avril 1940.

Pierre s’engage dans la Résistance à la fin juin 1943, comme en atteste Roger Ranoux, dit Hercule, chef départemental des Francs-tireurs et partisans français (FTPF). Il est agent de liaison et de renseignement et sa maison sert de boîte à lettres. Pierre recueille des informations sur le déplacement des colonnes allemandes sur la RN 89, effectue la liaison entre les sous-secteurs A et B et recherche des terrains de parachutage sur le territoire du canton. L’Armée secrète de Thenon le revendique aussi comme résistant.

Alors que le gouvernement Pétain-Laval s'engage de plus en plus dans la collaboration et renforce les « réquisitions » qui visent les hommes avec le STO et les ressources industrielles et agricoles, s’organisent, en août 1943, sous l’égide notamment de Jean Blanchou, dit Dolet, militant communiste, les premières grèves de battage qui visent en Dordogne-Nord à perturber ou empêcher le battage du blé et à s'opposer ainsi aux réquisitions. Le 17 août 1943, à La Boissière-d’Ans, un écriteau – « Arrêtez net. Attention danger » – est apposé sur la batteuse de M. Meynard qui est neutralisée par enlèvement de courroies.  Le lendemain, Pierre est arrêté par la Gestapo à Périgueux, sur son lieu de travail, les Etablissements de constructions électriques Gonthier et Legouix, pour le sabotage de batteuse mentionnée ci-dessus. Il est aussitôt incarcéré à la maison d’arrêt de Périgueux jusqu’à la fin novembre 1943, puis transféré à Limoges où il est traduit devant le tribunal et jugé par la Section spéciale de la Cour d’appel qui le condamne, le 24 janvier 1944, à deux ans de prison et 2000 frs d’amende pour vol et infraction à la loi du 5 juin 1943, décision annulée par la Chambre de révision de la Cour d’appel de Limoges le 13 novembre 1944.

Le 27 janvier 1944, il est transféré à la maison centrale d'Eysses et écroué sous le n°2946.

Pierre fait partie des 2 139 hommes qui, le 30 mai 1944, sont livrés par les autorités françaises à la Division Das Reich qui les conduit avec une extrême brutalité jusqu’à la gare de Penne d’Agenais d’où ils partent pour le camp d'internement de Compiègne-Royallieu.. Ils y arrivent le 3 juin 1944 et en repartent le 18 juin 1944, par le transport le plus important, par le nombre de déportés au départ de Compiègne, à prendre directement la destination du camp de concentration de Dachau. Il y devient le n°73 321. Selon l’un de ses compagnons de déportation, Pierre serait « mort du typhus ». Un certificat de décès, établi par le Camp Office of Dachau le 15 août 1944, atteste qu’il y est mort le 29 avril 1945.

Le nom de Pierre Alfred Gabriel Eugène Daniel, déporté résistant, Mort pour la France, est inscrit sur le Mur des Noms de Compiègne.

Sources

  • Service historique de la Défense - Vincennes : 16 P 156593
  • Service historique de la Défense - DAVCC Caen : AC 21 P 440 572
  • Archives départementales de la Corrèze : Registres matricules, n° 1016

Bibliographie

G. Penaud, Mémorial des déportés du Périgord, La Lauze, 2011, pp. 111-112 ;
ANACR, Mémorial de la Résistance en Dordogne… sous la terreur nazie, Editions Codépit, Périgueux, 1985, p. 239 ;
J.-M. Lahieyte, La grève des battages, Eté 1943. Nord-Dordogne, Editions de l'îlot, 2023