Yves COLIN
Service historique de la Défense, Vincennes
  • Informations
    • Nom : COLIN
    • Prénom(s) : Yves
  • Etat civil
    • Date de naissance : 24/06/1922
    • Ville de naissance : Périgueux
    • Département de naissance : Dordogne 
    • Pays de naissance : France
    • Profession avant guerre :
      - étudiant
    • Date de décès : 22/09/2014
    • Lieu de décès : Fleurac (Dordogne)
  • Résistance
    • Organisation(s) de résistance :
      - Armée secrète
      - Maquis de Saint-Alvère (Dordogne)
      - Maquis des sangliers (Dordogne)
    • Pseudonyme : Roland
    • Date d'engagement : 20/8/1943
    • Département(s) de résistance : Dordogne
  • Arrestation et condamnation
    • Date d'arrestation : 8/11/1943
    • Lieu d'arrestation : Saint-Germain-du-Salembre
    • Département d'arrestation : Dordogne
    • Juridiction de condamnation : Section spéciale - Limoges
    • Date de condamnation : 07/02/1944
    • Motif(s) de condamnation :
      - Infraction à la lmoi du 5 juin 1943
      - détention d'armes
    • Peine infligée : Réclusion
    • Durée de la peine : 5 ans
    • Parcours carcéral :
      - Périgueux
      - Limoges
      - Eysses
      - Compiègne
  • Eysses
    • Date d'arrivée à Eysses : 09/12/1944
    • Numéro d'écrou à Eysses : 741
    • Préau ou autre affectation :
      - Préau 1
    • Compagnie de combat : 1ère Cie Heyriès
    • Motif de la levée d'écrou : Remis aux autorités allemandes
    • Date de la levée d'écrou : 30/05/1944
    • Durée de détention : 0 an(s), 6 mois, 10 jour(s)
  • Déportation
    • Déporté
    • Lieu de départ : Compiègne
    • Date de départ : 18/06/1944
    • Parcours concentrationnaire :
      - Dachau
      - Landsberg (Kdo Dachau)
      - Allach (Kdo Dachau)
    • Matricule : 73277
    • Situation en 1945 : Libéré
    • Date : 30/04/1945
    • Lieu : Allach
    • Date de rapatriement : 03/06/1945
  • Reconnaissance
    • Statut : Déporté résistant
    • Médaille de la Résistance
    • Date du décret MRF : 24/04/1946

Yves COLIN

Par : Jean-Paul Bedoin

Yves Colin, fils de Marcel, professeur de sciences et de Joséphine Jeanne Isabelle Diéras, est né le 24 juin 1922 au 13 rue Bertran de Born à Périgueux (Dordogne).

Etudiant au lycée de Périgueux du 10 juin 1940 au 24 juin 1941, Yves Colin, engagé volontaire, est soldat de 2e classe, du 26 juin 1941 au 11 novembre 1942, au 3e Régiment de Hussards,  reformé à Montauban au sein de l'armée d'armistice, où il est raddio-téléphoniste.  Après la dissolution de cette dernière, Yves, démobilisé, est agriculteur à Mauzens-et-Miremont (Dordogne) du 13 novembre 1942 au 20 juin 1943.

Lorsqu’il reçoit en mai 1943 sa convocation pour le STO, Yves, sur les conseils de son oncle, Jean Diéras, va, pour éviter de partir outre-Rhin, s'engager dans les mines de lignite de Siorac. Parvenu au  bureau des mines, « la personne qui le reçoit, rapporte Sylvain Le Bail, lui dit sur un ton tantinet moralisateur : "Jeune homme, je vous conseille de partir en Allemagne, cela vous fera le plus grand bien !". Yves tourne les talons ».

De retour à son domicile, il reprend contact avec Jean, agent de promotion et d'affaires immobilières à Périgueux, Ce dernier lui fournit un contact avec Marc Goldman, à Lalinde, à l'hôtel du Périgord que tiennent les parents de Robert Gauville et qui est le point de ralliement des résistants, et des réfractaires en passe de rejoindre le maquis. Lors de leur rencontre, Mireille « lui propose, note Sylvain Le Bail, faute d'avoir un maquis suffisamment structuré, de le placer dans une ferme de la région ». Yves, recommandé par  Marc Goldman, dit Polorn, est placé par Louis Bonnafi, secrétaire de mairie de Saint- Marcel?du?Périgord, chez la famille Augeyrolle à Pressignac (Dordogne) où il participe aux travaux de la ferme, du 24 juin au 20 août 1943. Les gendarmes, informés de la présence d’un clandestin, font une descente à la ferme et préviennent Mme Augeyrolle de l’arrestation imminente de son pensionnaire et lui murmurent : « Arrangez?vous pour qu'il soit parti ! ». Doté par la fermière d’un solide casse-croûte, Yves reprend contact avec Louis qui lui propose de rejoindre le maquis. Récupéré par Léon Chassagne, boulanger, au cours de sa tournée, il arrive au maquis de Liorac-sur-Louyre où sont déjà regroupés, au lieu-dit Les vignes perdues, une quinzaine de maquisards dont Robert Gauville, Louis Mora, et Louis Lauriot. C’est alors que Marc Goldman le choisit pour intégrer, début octobre, la deuxième session de l’école des cadres au château de Pelvezy, avec Jean Lestang. Lorsque le château de Pelvezy est « grillé » et doit changer d'emplacement pour une nouvelle session, Yves, dit Roland, rejoint le maquis de Durestal. Nommé sergent et promu chef de groupe, il est « toujours volontaire pour participer aux opérations les plus dangereuses du maquis des Sangliers : expéditions tant punitives qu’ayant trait à l’armement et au ravitaillement du maquis ».

Yves est de ceux qui, après l’opération menée par les GMR et trois escadrons de la Garde, le 20 octobre 1943, qui aboutit à la dispersion du maquis, transitent par le camp du Tauriac, près de Neuvic?sur?l'Isle, « endroit où, note-t-il, vous sommes restés trois jours environ »n, puis rejoignent Le Maine-du-Puy, commune de Saint-Vincent-de-Connezac. Il figure également parmi les 36 réfractaires dont 5 Géorgiens qui, le 3 novembre 1943, tombent aux mains de la Garde mobile et du GMR du Périgord.

Son parcours, dès lors, est identique à celui de ses camarades. Interné à la prison Belleyme de Périgueux jusqu’au 30 janvier 1944, puis à Limoges où,  le 8 février 1944, il est jugé  par la Section spéciale de la cour d’appel et condamné, pour infraction à la loi du 5 juin 1943 et détention d'armes, à 5 ans de réclusion. Transféré à la maison centrale d'Eysses, Yves est écroué, le 9 février, sous le n°741 et affecté au préau n°1.

Lors de la bataille des 19 et 20 février 1944 contre les forces de Vichy, soutenues par l’artillerie allemande, Yves qui est membre de l’organisation militaire clandestine des patriotes emprisonnés et appartient à la 1ère Cie Heyriès, est posté, avec son Lebel, en faction dans les couloirs autour de la chapelle. « Je n’ai pas eu, avoue-t-il, l’occasion de me servir de mon arme ni d’agir d’une façon plus efficace ». La tentative d’évasion collective ayant échoué et les douze meneurs fauchés par une répression brutale, Yves est livré, avec tous ses compagnons d’infortune, par la milice française à la division SS Das Reich qui, sans ménagement – « je fus blessé à la tête par un coup de crosse des SS » –, les conduit, le 30 mai 1944, à la gare de Penne d’Agenais où ils sont entassés dans des wagons à bestiaux à destination du camp de Royallieu à Compiègne (Oise) où ils arrivent le 3 juin.

Le 18 juin 1944, Yves, par le transport n° 382, est conduit, avec plus de 2000  hommes, au camp de concentration de Dachau. Il y porte le matricule n° 73277. Le 14 juillet 1944, il est transféré au Kommando de Landsberg, (faisant partie du complexe de Kaufering/Landsberg en Bavière). Il y est soumis au travail forcé jusqu’au 29 avril 1945. A compter de cette date, Yves revient près de Dachau, à Allach, principal camp extérieur dépendant du camp central. Il y est libéré le 30 avril 1945 par les troupes de la 3e armée américaine. Il est alors envoyé sur l'île de Reichenau (lac de Constance), transformée pour les rescapés de l’enfer concentrationnaire nazi en centre de transit, d'accueil ou de rapatriement à partir duquel des trains sanitaires de rapatriement sont organisés pour le retour des rescapés vers la France.

Yves est rapatrié le 3 juin 1945 et revient en Périgord où il est accueilli chez ses parents.

Homologué sergent FFI, titulaire de la carte de déporté résistant, de la médaille de la Résistance (décret du 24 avril 1946), Yves est cité à l’ordre de la Division avec attribution de la Croix de guerre avec étoile d’argent pour faits de résistance (décision n°235 du 22 mai 1946) : « Jeune résistant rejoignant comme volontaire le maquis clandestin dès juillet 1943. A fait preuve de courage, de discipline  et de dévouement. S’est particulièrement distingué lors de l’attaque du camp de Saint-Germain du Salembre où il se défendit héroïquement contre un ennemi dix fois supérieur en nombre. Arrêté au cours de cette opération, puis déporté en Allemagne, y a subi avec courage 15 mois de camp de concentration ».

Le Tribunal de grande instance de Périgueux, par jugement en date du 18 septembre 1973, prononce l’adoption simple par Guillaume Michel Jean Diéras, […], célibataire, administrateur de sociétés domicilié à Périgueux, […], de Yves Colin. Dit  que l’adopté portera désormais le nom patronyme de Colin-Diéras ».

Yves Colin-Diéras dont le nom figure parmi  les 48 233 noms inscrits sur le Mur des Noms de Compiègne s’est éteint le 22 septembre 2014 à Fleurac (Dordogne).

Sources

  • Archives départementales de Dordogne : 2114 W 7
  • Service historique de la Défense - Vincennes : 16 P 136996
  • Service historique de la Défense - DAVCC Caen : AC 21 P 729735
  • Association nationale pour la mémoire des résistants emprisonnés à Eysses :

Bibliographie

S. Le Bail ; Mojzesz Goldman dit « Mireille » - premier chef départemental du maquis A.S. Dordogne 1943, Editions Le Chêne Vert, 2001, pp. 84, 109-110 ;
G. Penaud, Mémorial des déportés du Périgord, La Lauze, 2011, p. 98 ;
ANACR. Dordogne, J.P. Bedoin (dir.), Chemins de la mémoire, le maquis de Durestal, Périgueux, 2013, p. 89

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