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  • Informations
    • Nom : COHEN
    • Prénom(s) : Prosper Ferdinand
  • Etat civil
    • Date de naissance : 25/12/1915
    • Ville de naissance : Paris
    • Département de naissance : Seine
    • Pays de naissance : France
    • Profession avant guerre :
      - représentant de commerce
    • Date de décès : 16/09/1996
    • Lieu de décès : Menton (Alpes-Maritimes)
  • Résistance
    • Organisation(s) de résistance :
      - Franc-Tireur
    • Date d'engagement : 1/1/1943
    • Département(s) de résistance : Dordogne
  • Arrestation et condamnation
    • Date d'arrestation : 1/4/1943
    • Lieu d'arrestation : Lourdes
    • Département d'arrestation : Hautes-Pyrénées
    • Juridiction de condamnation : Section spéciale - Limoges
    • Date de condamnation : 20/07/1943
    • Motif(s) de condamnation :
      - Atteinte à la sûreté extérieure de l'Etat
    • Peine infligée : Prison
    • Durée de la peine : 1 an
    • Parcours carcéral :
      - Limoges
      - Eysses
  • Eysses
    • Date d'arrivée à Eysses : 25/07/1943
    • Numéro d'écrou à Eysses : 2018
    • Motif de la levée d'écrou : Transféré
    • Date de la levée d'écrou : 08/04/1944
    • Destination de la levée d'écrou : Noé
    • Durée de détention : 0 an(s), 8 mois, 14 jour(s)
  • Reconnaissance
    • Statut : Interné résistant

Prosper Ferdinand COHEN

Par : Jean-Paul Bedoin

Prosper Ferdinand est né le 25 décembre 1915 à Paris (Seine) dans le 16e arrondissement. Fils de feu Henri et Perle Jacob, de confession juive, il est à compter du 6 octobre 1940, associé d’André Jacques Bodenheimer (mort à Drancy le 29 mars 1944) à Périgueux, puis représentant d’électricité et mécanique à Lyon et, enfin, fin 1942, employé de Jean Lagarde, garagiste à Périgueux. Ce dernier, chef départemental du mouvement Franc-Tireur, le prend à son service pour le soustraire aux persécutions raciales de l’occupant. Prosper, déclare Jean Lagarde, « ne travaillait pour ainsi dire pas dans le garage mais il donnait des leçons particulières à [son] fils, à l’époque âgé de 12 ans ».

Franc-Tireur lui ayant fourni une fausse carte d’identité, Prosper accepte de travailler pour le mouvement et assure la distribution de tracts et de journaux clandestins (Franc-Tireur, Combat, Le Père Duchesne), mission qu’il accomplit « avec conscience et adresse ». Après l’arrestation par la police française de Jean Lagarde en janvier 1942, Robert Oliveau, alias Némo, lui succède à la tête du mouvement. Il continue à utiliser les services de Prosper et lui confie la mission de transporter à Lourdes (Hautes-Pyrénées) des fonds destinés à un passeur se chargeant de faire franchir la frontière aux patriotes français désireux de rejoindre la France libre. C’est au cours de cette mission que Prosper est arrêté le 1er avril 1943 en compagnie de deux résistants candidats à l’évasion, Claude Zalta, né le 9 janvier 1921 à Joinville-le-Pont (Seine, aujourd’hui Val-de-Marne) et Charles Dauliac, né le 2 juin 1906 à Oran (Algérie), respectivement étudiant en sciences et docteur en médecine, résidant à Périgueux.

Présentés au parquet de Lourdes le lendemain, les trois sont écroués à la maison d’arrêt de Tarbes (Hautes-Pyrénées). Une procédure est diligentée contre eux pour usage de fausses pièces d’identité, menées antinationales (propagande gaulliste) et tentative de franchissement clandestin de la frontière. Seul le dernier chef d’inculpation est retenu. Tous sont incarcérés le 5 avril 1943 à la prison de Tarbes. Le 12 avril, ils sont transférés à la prison de Périgueux d’où Zalta et Dauliac parviennent à s’échapper le 4 mai 1943. Prosper y séjourne jusqu’au 1er juillet, date à laquelle il est envoyé à Limoges. Le 20 juillet, la Section spéciale de la Cour d’appel de Limoges condamne Prosper à un an de prison et ses co-accusés, en fuite, à cinq ans de travaux forcés et 1000 Frs d’amende par défaut.

Le 25 juillet, il est conduit à la maison centrale d'Eysses et écroué sous le n°2018. Libéré au terme de sa peine, Prosper est transféré, le 7 avril 1944, au camp de Noé (Haute-Garonne) où il est interné jusqu’au 16 mai 1944 et libéré sur décision de la préfecture de Haute-Garonne et dirigé, selon le chef du commissariat du camp de Noé, sur son précédent domicile : Mauvezin (Gers). Après cette libération, le parcours de Prosper Frédéric Cohen devient plus nébuleux. « J’ai participé, écrit-il, à différentes opérations au cours des combats de la libération du Sud-Ouest de la France en qualité d’adjoint au lieutenant ravitailleur ». Il ajoute qu’il est présent au « maquis du Gers du 6 juin au 31 août 1944, date à laquelle [il] démissionne en raison de [son] état de santé pour travailler avec le Comité de libération de Mauvezin (Gers) » et précise que « la compagnie de l’A.R. où [il était] adjoint au lieutenant chargé du ravitaillement était commandé par le capitaine Maratier […] »

Suite à une demande de reconnaissance au titre de la Résistance intérieure française (RIF), « le Secrétaire d’Etat à la Guerre estimant que les attestations des actes de résistance du sieur Cohen pouvaient être mises en doute quant à l’authenticité des actes relatés », le directeur général de la Sureté nationale diligente une enquête le 10 avril 1953. « L’enquête effectuée à Périgueux, écrit, le 20 avril 1953, l’inspecteur de police judiciaire de Limoges, André Allifat, à son supérieur hiérarchique, a permis de confirmer ce qui est dît sur M. Cohen, quant à ses passages et son activité dans cette ville ». Les inspecteurs de police judiciaire de Toulouse, Ignace Colombani et Pierre Feugas, interrogent, le 16 avril 1953, André Lannes, notaire à Mauvezin, membre du comité de résistance et par la suite du comité de libération de cette localité au titre de l’Armée secrète. Ce dernier précise que « Cohen avait été un sympathisant sans mission, ni fonction officielle » et que « le comité de libération de Mauvezin avait refusé une attestation de résistance à l’intéressé ». Paul Taupiac, membre du comité de résistance de la ville au titre du Front national, atteste n’avoir connu Cohen, « qu’au lendemain de la libération » alors que Prosper était le bras droit du président du comité local de libération ». M. Cat, autre membre du comité de résistance et gérant de l’Hôtel de France, affirme que « Cohen était arrivé à Mauvezin peu de temps avant la libération » et qu’installé dans son établissement, « son pensionnaire s’était montré favorable au mouvement de résistance auquel il avait rendu quelques services ». Quant à Amédée Maratier, il déclare, le 28 avril 1953, ne pas se rappeler de Cohen Prosper. Parallèlement, l’enquête menée à Lourdes reste négative. Le 16 septembre 1953, Prosper Frédéric Cohen, membre du mouvement Franc-Tireur, obtient un certificat d’appartenance à la Résistance intérieure française (RIF) et ses services de soldat sont homologués du 1er janvier 1943 au 16 mai 1944, période pour laquelle le titre d’interné résistant lui est attribué le 23 juillet 1957.

Prosper Frédéric s’est éteint à Menton (Alpes-Maritimes) le 16 septembre 1996.

Sources

  • Service historique de la Défense - Vincennes : 16 P 135768
  • Association nationale pour la mémoire des résistants emprisonnés à Eysses :