Pietro, Giacomo Carizi naît en 1892 à Urbania dans la région des Marches en Italie. Il est décoré lors de la Première Guerre mondiale en Italie. Pietro, son épouse et leurs deux enfants émigrent en France et s’installent en 1930 dans le bassin minier gardois où Pietro est embauché dans les mines de pyrite du Soulier proches de Saint-Martin-de-Valgalgues. Ils habitent Alès, 17 rue du Canal. Par décret du 26 janvier 1939, Pietro obtient la nationalité française. Mobilisé en septembre 1939, il est affecté au 120e régiment d’infanterie.
Syndicaliste et communiste, Pietro Carizi est arrêté à Alès par la police française le 28 août 1941 et interrogé au commissariat central. Incarcéré le 16 septembre 1941 à la prison Saint-Nicolas de Marseille, il est jugé le 29 octobre par le Tribunal permanent de la 15e division militaire et condamné à la peine de huit ans de travaux forcés, à la dégradation civique et à vingt ans d’interdiction de séjour. Le 6 novembre, il est conduit à la prison Saint-Pierre. Le 9 décembre 1941, un nouveau transfert l’amène à la prison Saint-Roch de Toulon. Après examen de son dossier, la commission spéciale lui retire la nationalité française lors de sa séance n° 1050 le 7 mai 1943 (le décret paraît le 28 septembre 1943).
Pietro Carizi est transféré à la centrale d’Eysses le 15 octobre 1943 où il est enregistré sous le numéro d’écrou 474. Le 9 décembre 1943, il participe à l’action contre les gardes mobiles pour empêcher la déportation des internés administratifs. Par décret du 25 janvier 1944, la peine de huit ans de travaux forcés est commuée en cinq ans de prison à compter du 28 août 1941. Il est alors inscrit au registre général, sous l’écrou 2987. Le 19 février 1944, il est engagé dans la tentative d’évasion collective pour rejoindre les maquis du Sud-Ouest. Relevant du groupe Balsalobre, il est de faction au dortoir 4 où il surveille deux miradors.
Le 30 mai 1944, avec ses camarades, il est livré à la division SS Das Reich, conduit au camp de rassemblement de Compiègne, puis déporté le 18 juin 1944. Ils atteignent Dachau le 20 juin 1944 ; Pietro Carizi reçoit le matricule 73 310 et est assigné au Block 17. Une fois la période de quarantaine terminée, il est affecté le 8 juillet 1944 au Kommando d’Allach, Block 14, Kommando 4 à l’usine d’aviation.
Libérés le 30 avril par les troupes américaines, les déportés sont regroupés sur des îles du lac de Constance réquisitionnées par De Lattre de Tassigny pour être mis en quarantaine et soignés par les services de santé de la Croix-Rouge française. Pietro Carizi est conduit sur l’île de Reichenau. Il est rapatrié sur le centre de Mulhouse le 31 mai 1945.
Pietro Carizi a vécu toute sa vie durant rue du Canal, à Alès. Il est décédé le 3 janvier 1953 à Montpellier.
Le titre de déporté politique posthume lui a été attribué en décembre 1953.