José Domingo Cardona Camós naît à Rosell, dans la province de Castellón (Espagne) le 19 mars 1911. Ses parents sont de petits propriétaires terriens. Très tôt, il développe un goût pour la politique. A l’âge adulte, installé comme tailleur, il milite pour améliorer la vie des habitants de Rosell et leur offrir des activités culturelles. Devenu président d’une organisation locale de gauche, le « Centre Pédagogique Républicain », il est élu premier conseiller municipal le 25 novembre 1936, au moment de de la Révolution Sociale espagnole.
En mars 1937, au début de la guerre civile, il combat sur le front de Tolède, où il reste jusqu’à la fin mars 1938. A cette époque, il est nommé commissaire politique de son unité : le 2d bataillon de la 104e Brigade mixte. Celle-ci se replie ensuite en Catalogne, avant d’être dissoute à la fin de l’année. José Cardona est à Barcelone lorsque la ville capitule, le 26 janvier 1939. La guerre est perdue, commence la terrible « Retirada ».
Entré en France en plein hiver, le 9 février, José subit le sort de nombreux autres réfugiés espagnols. Il est parqué à l’air libre successivement dans les camps improvisés d'Osséja, Bourg-Madame puis à Latour-de-Carol (Pyrénées-Orientales), avant d’être interné au camp du Vernet (Ariège) où il reste du 3 mars au 20 septembre. Après être passé par le camp de Septfonds (Tarn-et-Garonne), il est transféré au camp de Bram (Aude) d'où il est libéré le 15 novembre 1939. Il est aussitôt recruté pour travailler à Tours (Indre-et-Loire) comme manœuvre sur la ligne de train Tours-Le Mans jusqu’à ce que la Débâcle interrompe les travaux, en mai 1940. Il décide alors de se fixer à Pamiers (Ariège), où il ne tarde pas à trouver un emploi de manœuvre à la société métallurgique de la ville.
N’ayant pas renoncé à la lutte, il écoute radio-Londres et radio-Moscou. Avec d’autres réfugiés espagnols, il forme dès la fin 1940 un groupe afin de mener des actions de résistance. Dans le courant de l’année suivante, il se rapproche d’un petit réseau de Pamiers, dépendant de la section toulousaine du Front National. Une distribution de tracts commune est préparée pour appeler la population à manifester le 14 juillet 1942.
Malheureusement, les autorités françaises étant particulièrement sur leurs gardes à l’approche de la Fête Nationale, elles dépêchent à Pamiers la 8e Brigade Spéciale de Toulouse. Le 12 juillet, José Cardona est interpelé en possession de tracts. Plusieurs membres du Front National, sont arrêtés les jours suivants. José est d’abord conduit à la maison d’arrêt de Foix (Ariège), puis, le 3 août à la prison militaire de Toulouse, 2 place Fugerolles.
Début février 1943, il est transféré à la maison d’arrêt Saint-Michel de Toulouse, en vue de son procès. Un mois plus tard, le 5 mars, il est condamné par la Section Spéciale de la cour d’appel de Toulouse, à deux ans de prison pour « menées antinationales », soit en l’occurrence : activité communiste. Il purge sa peine au centre de détentions d’Eysses (Lot-et-Garonne) où il est enregistré le 2 avril, sous le N° d’écrou 1669 et affecté au préau 2. Presque immédiatement intégré aux forces FFI qui s’y sont constituées pour combattre le régime de Vichy et préparer leur évasion, il fait partie de la « 2e compagnie Prunières ». Avec ses compagnons, il participe au soulèvement des 19 et 20 février 1944. La révolte est réprimée par les autorités françaises.
Le 30 mai 1944, il est remis avec 1 121 détenus aux autorités allemandes. Le convoi parti de Penne-d’Agennais les amène à Compiègne le 2 juin 1944. José Cardona est déporté à Dachau le 17 juin. Arrivé trois jours plus tard (matricule 73 292), il reste trois semaines en quarantaine avant d’être affecté au Kommando annexe de Blaichach. Libéré le 8 mai 1945, le jour de la capitulation allemande, il est aussitôt rapatrié à Pamiers, via Mulhouse. Il s’installe plus tard à Vauvert (Gard). Avec d’autres anciens déportés, il intervient dans les écoles pour témoigner de ce qu’étaient les camps de concentration.
Il décède dans les années 1990. En 2019, la municipalité de Vauvert honore sa mémoire en donnant son nom au nouveau parking qu’elle vient d’aménager.