Jean CANTALOUP
Arch. dép. Dordogne 2114W7
  • Informations
    • Nom : CANTALOUP
    • Prénom(s) : Jean
  • Etat civil
    • Date de naissance : 29/05/1923
    • Ville de naissance : Fleurance
    • Département de naissance : Gers
    • Pays de naissance : France
    • Profession avant guerre :
      - chauffeur
    • Date de décès : 07/02/2008
    • Lieu de décès : Bois-le-Roi (Seine-et-Marne)
  • Résistance
    • Organisation(s) de résistance :
      - Armée secrète
      - Maquis de Saint-Alvère (Dordogne)
      - Maquis des sangliers (Dordogne)
    • Pseudonyme : Ferdinand le chauffeur
    • Date d'engagement : 1/8/1943
    • Département(s) de résistance : Dordogne
  • Arrestation et condamnation
    • Date d'arrestation : 20/10/1943
    • Lieu d'arrestation : Mortemart
    • Département d'arrestation : Dordogne
    • Juridiction de condamnation : Section spéciale - Limoges
    • Date de condamnation : 07/02/1944
    • Motif(s) de condamnation :
      - Infraction à la loi du 5 juuin 1943
      - Détention d'armes
    • Peine infligée : Prison
    • Durée de la peine : 1 an
    • Parcours carcéral :
      - Périgueux
      - Limoges
      - Eysses
      - Compiègne
  • Eysses
    • Date d'arrivée à Eysses : 09/02/1944
    • Numéro d'écrou à Eysses : 3200
    • Préau ou autre affectation :
      - Préau 1
    • Motif de la levée d'écrou : Remis aux autorités allemandes
    • Date de la levée d'écrou : 30/05/1944
    • Durée de détention : 0 an(s), 3 mois, 21 jour(s)
  • Déportation
    • Déporté
    • Lieu de départ : Compiègne
    • Date de départ : 18/06/1944
    • Parcours concentrationnaire :
      - Dachau
      - Mauthausen
      - Linz III (Kdo Mauthausen)
    • Matricule : 73201
    • Situation en 1945 : Libéré
    • Date : 07/05/1945
    • Lieu : Linz
    • Date de rapatriement : 05/08/1945
    • Centre de rapatriement : Mulhouse
  • Reconnaissance
    • Statut : Déporté résistant

Jean CANTALOUP

Par : Jean-Paul Bedoin

Jean Cantaloup, fils de feu Paul et de Jeanne Victorine Appolonie Aché, naît le 29 mai 1923 dans le Gers. à Fleurance, où il est domicilié 36 rue Cadiot. Elevé par ses parents jusqu’à l’âge de14 ans, il dut avoir été livré à lui-même, « allant tout d’abord comme garçon de salle, puis comme cultivateur et, enfin, en qualité de chauffeur auto ».
Jean est appelé aux Chantiers de jeunesse en mai 1943 au groupement 38 « Mermoz » basé à Nontron (Dordogne). Vers la fin du mois d'août, avec trois camarades il est envoyé à Monbazillac pour la saison des vendanges. Fin septembre, les Chantiers de jeunesse de Vichy en Dordogne devenant un vivier de main-d'œuvre pour le Service du travail obligatoire (STO), l'un d'eux, André Trémoulet, parvient à prendre contact avec un résistant bergeracois, dont il n'a jamais su le nom. Quelques jours plus tard, le résistant les met en relation avec Pierre Larrue à Sainte Alvère. De là ils intègrent le maquis des Sangliers dont le chef n'est autre que Mojzesz Goldman, dit Mireille.

Jean, devenu Ferdinand le chauffeur, effectue toutes les missions confiées par ses chefs. Le 20 octobre 1943, Jean se trouve, avec cinq de ses camarades dont un en uniforme de maréchal des logis-chef, partis de Cendrieux à bord d’un camion P 45 marchant au gazogène, volé à Etagna (Charente) aux Etablissements Bernis de Limoges, pour une mission de reconnaissance vers Périgueux. Vers 10 h 30, sur la route de Périgueux au Bugue, près de Mortemart, le véhicule est intercepté lors d’une opération de police combinée effectuée par la Garde mobile et le GMR du Périgord qui a pour objectif l’école des cadres AS et le maquis de Durestal. Arrêté avec Pierre Carrier, Jacques Laramas, René Laroche, Louis Mora, et Jean Ringeval, Jean est incarcéré avec eux à la prison de Périgueux.

Le 22 octobre, il est interrogé par l’Inspecteur de police de sureté Georges Giraud auquel il déclare que, le jour de son arrestation, ils allaient « avec le camion au ravitaillement à Périgueux ». Extrait le 30 janvier 1944, Jean est transféré à Limoges où, le 7 février 1944, il est jugé par la Section spéciale du tribunal et condamné pour infraction à la loi du 5 juin 1943 réprimant les activités communistes, anarchistes, terroristes ou subversives et détention d'armes à un an de prison et 1200 frs d’amende. Présenté le 9 février à la maison centrale d'Eysses, il est écroué sous le n°3200 et affecté au préau n°1.

Son parcours est ensuite identique à celui de ses camarades qui sont remis, le 30 mai 1944, aux autorités allemandes et à la division SS Das Reich qui, sans ménagement, les mène à la gare de Penne-d'Agenais où, entassés dans des wagons à bestiaux, ils sont transférés au camp de Compiègne-Royallieu. Arrivé le 3 juin, il en repart le 18 juin (transport n° 382) à destination du tout premier camp de concentration nazi, Dachau. Il y arrive le 20 juin 1944 et devient le n°73 201. Il est ensuite transféré le 18 août 1944 à Mauthausen où il porte le matricule n°89 231. Il est enfin affecté, le 27 août 1944, à Linz III, camp annexe du système Mauthausen établi en mai 1944 où les détenus sont soumis au travail forcé pour les usines sidérurgiques et la fabrication de chars des Reichswerke Hermann Göring. Il y est libéré le 5 mai 1945 par les forces armées américaines (la 11e division blindée de la 3e armée américaine) et rapatrié en France le 4 août 1945, via Mulhouse. Jean, dont Jean Albert Langevin rapporte que « son attitude, tant au maquis qu’en prison ou camp de déportation, a toujours été irréprochable », est homologué sergent RIF (Résistance intérieure française) et reconnu déporté résistant (3 août 1953). Le nom de Jean Cantaloup qui s’est éteint le 7 février 2008 à Bois-le-Roi (Seine-et-Marne) est inscrit sur le Mur des Noms de Compiègne.

Sources

  • Archives départementales de Dordogne : 2114 W 7
  • Service historique de la Défense - Vincennes : 16 P 104512
  • Service historique de la Défense - DAVCC Caen : AC 21 P 721 457
  • Archives départementales du Lot-et-Garonne : 940 W 115
  • Association nationale pour la mémoire des résistants emprisonnés à Eysses :

Bibliographie

S. Le Bail ; Mojzesz Goldman dit « Mireille » - premier chef départemental du maquis A.S. Dordogne 1943, Editions Le Chêne Vert, 2001, p. 160 ;
G. Penaud, Mémorial des déportés du Périgord, La Lauze, 2011, pp. 84-85 ;
Association Nationale pour la Mémoire des résistants et patriotes emprisonnés à Eysses ;
ANACR. Dordogne, J.P. Bedoin (dir.), Chemins de la mémoire, le maquis de Durestal, Périgueux, 2013, p. 88

Liens externes

Mémoire des hommes / Les Médaillés de la Résistance française.

Album photos