Jean Charles Bertin naît en 1921 à Latresne, en Gironde. Il est le fils de Jean Bertin, préparateur en pharmacie et dirigeant syndicaliste lot-et-garonnais, arrêté en octobre 1943 puis déporté au camp d’Oranienburg, dont il est libéré le 2 mai 1945.
Étudiant, Jean Charles Bertin est incorporé en 1942 aux Chantiers de la Jeunesse, d’abord à Saint-Gaudens, en Haute-Garonne, puis à Felletin, dans la Creuse. En avril 1943, il s’en évade afin d’échapper au Service du travail obligatoire.
Il rejoint alors la Résistance en Lot-et-Garonne et devient responsable adjoint des groupes francs FTPF Raymond. Le 12 janvier 1944, il est arrêté à un barrage de la gendarmerie française à Tournon-d’Agenais, « alors qu’il convoyait une voiture destinée à permettre à un officier anglais de rejoindre les forces alliées ». Traduit devant le tribunal spécial d’Agen, il est condamné, le 23 mars 1944, à six ans de travaux forcés pour vol et activités qualifiées de « terroristes ».
Le 7 avril 1944, il est incarcéré à la maison centrale d’Eysses, sous le numéro d’écrou 860. Le 30 mai 1944, il est livré aux Allemands avec la quasi-totalité des détenus d’Eysses. Déporté le 18 juin 1944 à Dachau, où il reçoit le matricule 73091, il est ensuite transféré à Mauthausen le 17 août 1944.
Jean Charles Bertin meurt le 3 février 1945 à Breslau, en Silésie. D’après le témoignage de l’un de ses camarades de déportation, lors de l’évacuation du camp de concentration de Jaworzno, en Pologne, il tombe d’épuisement sur la route, près de Breslau, avant d’être achevé d’une balle dans la tête.
Les mentions « Mort pour la France » et « Mort en déportation » ont été apposées en marge de son acte de décès.