Photo de profil
  • Informations
    • Nom : AUDOUX
    • Prénom(s) : André Célestin
  • Etat civil
    • Date de naissance : 18/02/1897
    • Ville de naissance : Sainte-Solange
    • Département de naissance : Cher
    • Pays de naissance : France
    • Profession avant guerre :
      - SNCF
      - cheminot
    • Date de décès : 17/02/1963
    • Lieu de décès : Coulounieix-Chamiers (Dordogne)
  • Résistance
    • Organisation(s) de résistance :
      - FTP
      - FTP Groupe Ricco (Dordogne)
      - Parti communiste
    • Département(s) de résistance : Dordogne
  • Arrestation et condamnation
    • Département d'arrestation : Dordogne
    • Juridiction de condamnation : Section spéciale - Montpellier
    • Date de condamnation : 03/07/1943
    • Motif(s) de condamnation :
      - Activité communiste
    • Peine infligée : Prison
    • Durée de la peine : 1 an
  • Eysses
    • Date d'arrivée à Eysses : 15/10/1943
    • Numéro d'écrou à Eysses : 2577
    • Préau ou autre affectation :
      - Préau 2
    • Compagnie de combat : 2e Cie Prunières
    • Motif de la levée d'écrou : Transféré
    • Date de la levée d'écrou : 17/03/1944
    • Destination de la levée d'écrou : Noé
    • Durée de détention : 0 an(s), 5 mois, 2 jour(s)

André Célestin AUDOUX

Par : Jean-Paul Bedoin

André Célestin Audoux, fils de François, journalier, et de Louise Jouanin, ménagère, est né le 18 février 1897 à Sainte-Solange, dans le Cher. Il participe à la Grande Guerre : aux armées au sein du 11e Régiment d’Infanterie le 7 décembre 1916, il passe au 6e Génie le 19 juin 1917, puis au 11e Génie le 1er mai 1919. Démobilisé le 18 septembre 1919 à Macon (Saône-et-Loire), titulaire de la Croix de guerre 1914-1918, bénéficiant d’un certificat de bonne conduite, il est affecté dans les réserves au 6e Génie. Classé dans les affectés spéciaux – 3e section de chemins de fer de campagne, subdivision complémentaire – comme manœuvre de la Compagnie d’Orléans à Vierzon à dater du 21 mars 1921, il passe dans la subdivision de Périgueux le 25 septembre 1927.

André épouse, le 9 juin 1923, à Périgueux, Marie Françoise Mandeix, née le 11 septembre 1900  aux Chaumes des Bost, commune de Saint-Julien-de-Bourdeilles (Dordogne).

Ouvrier de la compagnie Paris-Orléans (P.O.), il exerce comme frappeur aux ateliers de Chamiers en Dordogne. André Audoux, à 43 ans, fait partie des « indésirables français » internés au Centre de séjour surveillé du Sablou, créé le 17 janvier 1940 sur le territoire de la commune de Fanlac, à environ 3 km de Montignac. Dans une note en date du 3 septembre 1940, le commissaire spécial de Périgueux évoque André : « Secrétaire de la cellule communiste de Chamiers où il jouait un rôle très actif, membre de la commission exécutive de la région de la Dordogne. Était considéré comme un militant et propagandiste particulièrement actif et très dévoué à son Parti. Doit être maintenu au Camp du Sablou ».

Le 29 décembre, le commandement militaire de la Dordogne organise le transfert des 231 détenus par la gare du Lardin, via Limoges, vers Saint-Paul d’Eyjeaux où André reste interné jusqu’au 11 janvier 1942.

Répertorié, en mai 1942, par la Sécurité militaire comme « fidèle à la politique soviétique », il est à nouveau interné le 28 décembre 1942 à la centrale de Nîmes, lieu majeur de détention, de répression et de résistance sous le régime de Vichy et l'occupation allemande entre 1940 et 1944 où sont enfermés détenus de droit commun, opposants politiques, résistants et réfractaires. La section spéciale de Montpellier, le condamne le 3 juillet 1943, à un an de prison pour activité communiste

André est transféré par train spécial, le 15 octobre 1943, à la maison centrale d'Eysses où, en application d’une circulaire signée René Bousquet (secrétaire général de la police), toutes les personnes condamnées par les  sections spéciales  - tribunaux d’exception du régime de Pétain de zone sud – et par le tribunal d’Etat de Lyon, pour menées communistes, terroristes, anarchistes ou subversives, sont regroupées. Ecroué sous le n°2577, il est affecté au préau n°2 et fait partie de la 2e compagnie Prunières, unité clandestine du bataillon FFI de la centrale d'Eysses, placé sous l'autorité de Raymond Prunières.

Libéré le 17 mars 1944, il est interné le jour même au camp de Noé (Haute-Garonne), puis transféré au camp disciplinaire allemand de Tourlaville, près de Cherbourg (Manche) d’où il s’évade le 7 juin 1944.

De retour en Périgord, André Audoux, alias Joseph, rejoint la résistance intérieure et le 1er Régiment FTPF Dordogne-Nord, sous-secteur B, commandé par Emilio Alvarez-Canossa, dit Pinocho, puis Angelo Ricco. Placé sous les ordres du sous-lieutenant Norbert Moreau, dit Michel, lui aussi cheminot aux ate­liers ferroviaires,  chef du 3e bataillon FTP, dans lequel il retrouve son fils Jean, Luc, né le 18 octobre 1925, à Périgueux, agent de la SNCF.

André combat du 15 juin au 25 août 1944. Après la libération du département de la Dordogne, il continue à servir dans sa formation, engagée sur le front de La Rochelle, au sein du 3e bataillon du 108e RI, jusqu’au 20 octobre 1944, date à laquelle il rentre dans ses foyers.

Interné politique, titulaire de la médaille de la déportation et de l’internement, André Audoux est décédé le 17 février 1963 à Coulounieix-Chamiers (Dordogne).

Sources

  • Archives départementales de Dordogne : 1.573 W 1 ; AD18 : 3E 5689 ; AD18 : 2 R 746 1917
  • Service historique de la Défense - Vincennes : GR 16 P 22191
  • Association nationale pour la mémoire des résistants emprisonnés à Eysses :

Bibliographie

J. Tronel, Séjour surveillé pour « indésirables français » : Le château du Sablou en 1940, in Histoire Pénitentiaire, volume 4, Paris, Direction de l’Administration pénitentiaire, Collection Travaux & Documents, 2005, p. 68-93 ; « Le Sablou : histoire d’une infamie », ouvrage collectif réalisé par l’ARAC, l’ANACR et l’ARDIEP, sous la direction de Jean-Paul Bedoin, Périgueux, SPP, 2009. pp. 40-41.

Album photos