Gilbert Henri ALLEON
  • Informations
    • Nom : ALLEON
    • Prénom(s) : Gilbert Henri
  • Etat civil
    • Date de naissance : 23/08/1923
    • Ville de naissance : Valence
    • Département de naissance : Drôme
    • Pays de naissance : France
    • Profession avant guerre :
      - tourneur sur métaux
    • Date de décès : 13/03/1999
    • Lieu de décès : Bailleul (Nord)
  • Résistance
    • Organisation(s) de résistance :
      - FTP
      - FTP camp de la Lance (Drôme)
    • Pseudonyme : Maurice Allibert
    • Date d'engagement : 01/04/1943
    • Département(s) de résistance : Drôme
  • Arrestation et condamnation
    • Date d'arrestation : 29/01/1944
    • Lieu d'arrestation : Valréas
    • Département d'arrestation : Vaucluse
    • Juridiction de condamnation : Section spéciale - Nîmes
    • Date de condamnation : 25/03/1944
    • Motif(s) de condamnation :
      - Menées terroristes
    • Peine infligée : Travaux forcés
    • Durée de la peine : 5 ans
    • Parcours carcéral :
      - Avignon
      - Nîmes
      - Eysses
      - Compiègne
  • Eysses
    • Date d'arrivée à Eysses : 06/04/1944
    • Numéro d'écrou à Eysses : 857
    • Motif de la levée d'écrou : Remis aux autorités allemandes
    • Date de la levée d'écrou : 30/05/1944
    • Durée de détention : 0 an(s), 1 mois, 24 jour(s)
  • Déportation
    • Déporté
    • Lieu de départ : Compiègne
    • Date de départ : 18/06/1944
    • Parcours concentrationnaire :
      - Dachau
    • Matricule : 73005
    • Situation en 1945 : Libéré
    • Date : 30/04/1945
    • Lieu : Dachau
  • Reconnaissance
    • Statut : Déporté résistant

Gilbert Henri ALLEON

Par : Eric Bernard

Aîné d’une fratrie de trois enfants, Gilbert Henri Alléon naît à Valence (Drôme) le 23 août 1923. Son père, Auguste Alléon, est chaudronnier ; sa mère, Andrée Brun, est sans profession. Gilbert Alléon passe son enfance et son adolescence à Valence. À la veille de la Seconde Guerre mondiale, il exerce le métier de tourneur sur métaux à la cartoucherie nationale de Valence.

En août 1942, il intègre le chantier « Jeunesse et Montagne », où il participe à des activités utilitaires — coupe de bois, construction et réhabilitation de chalets, édification de refuges d’altitude, aménagement de sentiers, aide aux travaux agricoles — ainsi qu’à des activités sportives, notamment l’escalade et le ski. Anticipant sa réquisition pour le Service du travail obligatoire (STO) instauré par la loi du 16 février 1943, il quitte en mars 1943 le chantier « Jeunesse et Montagne » et rejoint, en avril, les maquis FTPF de la région du Diois (Drôme), qui l’orientent vers le camp de La Lance, près de Nyons. Ce camp sert de refuge à de nombreux réfractaires au STO et constitue l’un des foyers de la Résistance les plus actifs de la Drôme provençale entre 1943 et 1944.

Gilbert Alléon y reçoit un entraînement militaire rudimentaire et devient chef de la section transport. À partir du 10 janvier 1944, il prend part activement à plusieurs opérations, notamment des actions de sabotage contre les réseaux de communication allemands — voies ferrées, routes et lignes téléphoniques.

Entrés dans la clandestinité, Gilbert Alléon et ses camarades réfractaires au STO deviennent, aux yeux de la loi de Vichy, des déserteurs sans droits, privés des tickets d’alimentation mensuellement distribués par les mairies. Le ravitaillement assuré par une population locale très favorable à la Résistance ne suffit cependant pas à nourrir l’ensemble des jeunes hommes du camp de La Lance. Le 29 janvier 1944, un groupe de maquisards, dont Gilbert Alléon, est chargé de se rendre en camionnette à la mairie de Valréas afin d’y récupérer des tickets d’alimentation. La mission échoue : la mairie n’en dispose pas. Les versions divergent, certaines sources indiquant que les tickets avaient déjà été distribués la semaine précédente, d’autres qu’ils n’avaient pas encore été remis à la mairie.

Sur le chemin du retour, le groupe tombe dans une embuscade tendue par des soldats allemands à l’angle d’une place de Valréas (Vaucluse). Trois maquisards sont tués ; un seul parvient à s’échapper et à regagner le camp. Gilbert Alléon, bloqué dans la cabine de la camionnette, est arrêté et fait prisonnier sous une identité d’emprunt : Maurice Allibert, né à Lyon le 19 mars 1925. Remis à la gendarmerie de Valréas, il est incarcéré le 3 février 1944 à la maison d’arrêt d’Avignon, où il est torturé par la Milice.

Le 20 mars 1944, il est transféré à la maison d’arrêt de Nîmes en vue de son procès, qui se tient le 25 mars 1944 devant la section spéciale de la cour d’appel de Nîmes. Celle-ci le condamne à cinq ans de travaux forcés pour menées terroristes ainsi que pour fabrication et usage de fausses cartes d’identité. Le 6 avril 1944, il est interné à la centrale d’Eysses pour y purger sa peine et reçoit le numéro d’écrou 857.

Moins d’un mois après son arrivée, le 30 mai 1944, il est remis par les autorités de Vichy, avec l’ensemble des internés de la centrale, à la division SS Das Reich, puis dirigé vers le camp d’internement de Compiègne-Royallieu, où il arrive le 3 juin. Gilbert Alléon et ses camarades sont alors affectés au camp disciplinaire C, initialement réservé aux internés juifs jusqu’à l’été 1943, puis destiné aux détenus considérés comme « particulièrement dangereux » par les autorités allemandes.

Le 18 juin 1944, ils sont déportés vers le camp de Dachau, où ils arrivent le 20 juin dans l’après-midi, après trois jours d’un voyage effroyable, entassés à 110 ou 120 dans des wagons à bestiaux, la soif omniprésente ayant rendu fous certains déportés. Après quatorze heures d’attente sur la place d’appel, Gilbert Alléon se soumet aux formalités d’enregistrement et reçoit le matricule 73005. Tandis que la plupart de ses camarades sont affectés à des kommandos extérieurs, il demeure durant toute sa déportation au camp principal de Dachau.

En janvier 1945, pour des raisons demeurées inconnues, un gardien SS le blesse par balle au genou. Il est alors admis au Revier du camp pour y être soigné. Libéré le 29 avril 1945 par l’armée américaine, il retrouve ses parents à Valence au début du mois de juin 1945, après un passage par le centre de rapatriement de Fénin-Dombasle et une étape à Paris. Reconnu déporté-résistant en août 1953, sa dernière profession connue est celle de représentant en cuisines intégrées. Gilbert Alléon décède le 13 mars 1999 à Bailleul (Nord).

Sources

  • Service historique de la Défense - Vincennes : 16P8985
  • Archives départementales du Lot-et-Garonne : 940 W 14
  • Archives départementales de la Drôme : Registre des naissances de Valence année 1923, cote 4E6181
  • Association nationale pour la mémoire des résistants emprisonnés à Eysses : dossier Gilbert Alleon
  • Arolsen Archives :

Liens externes

- Article « Jeunesse et Montagne » sur le site internet de la commune de Ceillac - dernière consultation le 7 janvier 2026
- Musée de la Résistance en ligne - dernière consultation le 7 janvier 2026
- Le Maitron -dernière consultation le 7 janvier 2026